"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

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journalier 20 03 15 / en plein jour

vendredi 20 mars 2015, par Christine Jeanney


Ce qu’on fait de la nuit en plein jour est une affaire privée.
Ce qu’on fait de la nuit en plein jour est une question d’estime de soi. Dépasse des bordures. J’écris avant la nuit sachant qu’elle va tomber. Dehors l’agitation est une affaire vivante. Des baies roses sur la haie, le clocher mi ré do retarde de cinq minutes. Passages piéton, feux clignotants et cartables à roulettes. La voiture de la Poste prend son virage. Dans le trou rempli de tuyaux et de robinets bleus, un homme sifflote un air, sa tête à hauteur de mes pieds. On pourrait tous, peut-être qu’on le fait, siffler quelque chose de simple, une mélodie comme ça, à hauteur de nos pieds, en s’essuyant le visage dans la manche. Attendre la nuit en plein jour, le sachant qu’elle arrive, il y a quelques indices. Ce qu’on fait des aurores boréales est une affaire de risque, une question de principes, un fragment de Schubert. Quand le noir est venu, je n’ai pas su si c’était moi qui l’accueillais ou lui qui prenait soin de me laisser dormir. Mais je n’ai pas dormi, il n’est pas encore l’heure.
(toujours finir par une prière, ou si on a encore des forces une mazurka)

(pendant ce temps, les photos plongent)



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(site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)

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