"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

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[journalier]

journalier 07 02 16 / l’adresse

dimanche 7 février 2016, par Christine Jeanney



- hier matin la Poste, j’envoie Oblique à "la voix à la petite couverture blanche" avec le nœud et la froissure internes que ça suppose, qu’elle n’entende pas (au sens de comprendre), ou que ce qu’elle entende soit un malentendu et lui cause de l’inquiétude ou de la peine, un chamboulement (comme si les nœuds et les froissés avaient cette capacité de contagion et pouvaient se répandre, répandre, une fois engendrés ils se déplaceraient avec les gestes)
- hier au Salon noir des pas d’hommes sur une dune, ils sont restés, fossilisés, de l’eau d’abord, ou de la boue pour marquer leurs empreintes, puis une couche de sable, une couverture protectrice qui a fait travail d’ambre
- que le froissé les nœuds restent, se fossilisent, fassent ambre, c’est possible (quoi faire de ça)
- sur Twitter, lorsqu’on veut signaler qu’on aime une vidéo YouTube il y a ce terme : "j’aime xxx à l’adresse"
- ce que j’envoie, vidéos, écriture sur ce site, mon livre dans une enveloppe à bulles, il y a bien une adresse dessus (mais laquelle)
- peut-être que je devrais me munir d’un pinceau très petit et très fin, et sec pour ne pas que les grains de sable collent entre eux et brouillent ce que je veux au contraire voir clairement, cette adresse, comme sur la dune du Rozel les pas des hommes, peut-être qu’il faudrait installer ce qui sert d’habitude aux travaux du bâtiment, un grillage solide à placer sur le sol pour y marcher sans le détériorer (et s’il était déjà là ce grillage, ces signes graphiques, visuels, les miens mais d’abord ceux des autres, leurs échos pris dans un bain de matière noire présente partout (il n’y a pas de vides), avec ces autres signes dont l’adresse est rayée et qu’on ne peut plus qu’imaginer ?)
- un grillage vaste (il faudrait y délimiter des zones, petites, humblement, mais l’espace large en tête) (on entend le chantier dans ma cour, les outils vrillent, poncent ou découpent, en symétrie un chantier dans ma tête as usual)



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(site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)

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