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les longs silences, Cécile Portier - tentatives

"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

LECTURES

les longs silences, Cécile Portier

lundi 15 février 2016, par Christine Jeanney




- un autre extrait :

« Pour sortir dans le jardin, il faut passer devant le petit bureau vitré des infirmiers.
Ici se préparent les médicaments à prendre à l’heure des repas. Ici s’échangent, quand on passe, des petits mots sur le temps qu’il fait, des petites douceurs de conversations sans importance.

(Celle, infirmière, qui s’étonne presque parce que c’est moi qui lui demande comment ça va.)
 »



Les longs silences, Cécile Portier éd Publienet
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- note : pourquoi je lis Cécile Portier :
parce qu’il y a dans son écriture (et c’est permanent, quels que soient ses projets, nombreux, ouverts, lancés à chaque fois dans une direction neuve car Cécile n’écrit jamais deux fois la même chose) dans ses mots quelque chose qui doit pouvoir se définir par "la place qu’elle occupe".
Lorsqu’elle écrit, ce n’est pas en dehors ou au-delà, depuis une table qui serait placée à l’écart, dans un lieu préservé, et je suis sûre que même dans son attitude corporelle, sa posture physique, il ne doit pas y avoir cette mise en scène du "moi j’écris", cette position qui dit "moi je ne suis pas comme tout le monde" (ce qui sous-entend supérieur).
Sa place d’écriture est à notre hauteur, à hauteur de fratrie humaine, à hauteur des yeux et des mains des gens (et pas "des gens" en général, comme une vague entité fumeuse qui ne serait qu’un alibi-démagogie. Les yeux et les mains de vrais gens, de vraies personnes, complexes).
Elle écrit au bord de nous, à la hauteur de nous, de nos enracinements, dévastations, de nos questions qui restent sans réponses, nos vertiges, nos petites joies aussi ou nos flammes furieuses, nos émerveillements.
Je lis Cécile Portier parce j’aime lire ceux et celles qui écrivent sans pancartes ("ici vibrez, ici voyez comme je suis intelligent(e)", l’écriture àboutonpoussoirs).
Quand je lis j’aime qu’on me prenne pour une vraie personne qui sait penser toute seule. Qu’on me laisse comprendre comme une grande ce qui se joue finement, par petites touches, entre les mots, sous les silences (et c’est une forme de respect en fait) (une forme d’élégance de celui ou celle qui écrit de ne pas déconsidérer qui lit, même si ce qui est inconnu et invisible) (une forme de partage, et dans celui-ci en particulier, avec ses Longs silences, dans ce partage-là, il y a une grâce de danseuse qui ose montrer l’extrême fragilité de ses tendons, son ossature, mais danse pourtant, parce qu’en dansant elle peut montrer tout ce fragile en nous, et qu’elle le doit, et qu’il le faut (pour nous soigner peut-être ? ou simplement parce qu’elle tient à nous dire que nous ne sommes pas seuls).

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(site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)

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