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l’œil gauche, extrait de MONDELING, texte de Guillaume Vissac, photographie (...) - tentatives

"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

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l’œil gauche, extrait de MONDELING, texte de Guillaume Vissac, photographie de Junku Nishimura

mercredi 16 mars 2016, par Christine Jeanney











extrait tiré de MONDELING, Guillaume Vissac et Junku Nishimura, éd Publienet, disponible en papier et en numérique
le site de Guillaume Vissac
le suivre sur Twitter @gvissac


le site de Junku Nishimura

- note : pourquoi je lis Guillaume Vissac :
à cause de la fusion à l’intérieur
il y a une langue qui ne se pose pas, ni pose ni pause, et qui ne s’arrête pas pour se demander si elle est une langue neuve, parce que ce n’est pas le problème, elle est neuve
lire Guillaume Vissac c’est étrange, un peu comme ce qui se passe avec les mikados : avant de jouer on les rassemble, on en fait un tronc vertical où ils ont tous la même taille, le même diamètre, et tout est bien organisé, et puis au moment de lâcher ils se croisent tous, ils plient, et comme ça va très vite il y a un instant d’illusion d’optique, très bref, où les mikados n’ont plus leur forme simple de mikado, ils sont complexes et rayonnants, et rayés bizarrement, et ils sont anarchiques, imprévus
Guillaume Vissac regarde le monde faire des troncs verticaux et fabrique l’instant de la chute pour aller chercher ce qui se tord ou fuse de ces particules soudains déformées, ces rayures soudain molles, ces improbabilités, en flashs, là où la conscience est poreuse et se demande si elle rêve mais elle ne rêve pas, elle se demande si elle pense correctement alors qu’elle capte, anarchiquement
et tout cela est bien réel (c’est seulement que ça n’est jamais dit d’habitude, jamais écrit)
ça pourrait tomber dans le n’importe quoi, mais ça n’y tombe pas, parce que la dose d’humain qu’il injecte est si forte
l’œil gauche happe, transgresse les barrières, peaux et temps, et la langue saute par-dessus elle aussi
et la dose d’humain est si forte que toute cette déformation s’agence, une fusion à l’intérieur (avec nous, ce fragile en nous, ces rêves d’espace en nous, ces butées et ces incompréhensions en nous, ce qui fait qu’on renonce, ce qui fait qu’on ne renonce pas, dans chaque mikado qu’il a éparpillé sur la table c’est comme s’il y avait ce à quoi on se frotte, caché là, quelque part, et on n’en avait pas idée)

(et aussi, MONDELING est une expérience, au sens où chaque photo est déployée, enrichie d’un monde qu’elle contenait mais qu’on ne voyait pas. Guillaume Vissac ne commente pas, n’extrapole pas, c’est comme s’il explorait le déjà présent, avec les arrière-cours, les combles, et quels visages, quels paysages)

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(site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)

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