"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

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TENTATIVES DU MOMENT //

[journalier]

journalier 10 08 16 / (les mouettes non plus)

mercredi 10 août 2016, par Christine Jeanney



- mon projet (titre provisoire que j’abrège ici en y.o.d.l.t., et c’est finalement assez drôle, ça fait l’effet d’un chant autrichien avec short à bretelles et claques sur les genoux, ce qui n’a rien à voir avec ce que j’y raconte) est presque fini : après avoir fait le gros oeuvre, fondations, charpente et murs, j’en suis maintenant à l’habillage des cloisons intérieures
- mais c’est délicat
- j’ai des consignes strictes à respecter (un peu comme dans Lotus seven, ou même dans Fichaises), et l’une d’elles est un nombre précis de caractères par fragments
- chaque modification ou revisitation fait bouger la structure, et même chaque coquille, chaque erreur, chaque omission pèse sur le nombre de caractères, mais je tiens à cette consigne
- ce n’est pas une consigne mathématique, c’est une consigne de forme, et donc de fond : c’est elle qui décide de ce qui reste comme digressions ou points centraux, elle qui permet de faire le tri, ou plus exactement le focus, comme on règle l’objectif d’un appareil photo
- et ce n’est pas une sorte d’exercice de style (j’ai toujours pensé que les contraintes oulipiennes sont bi-faces comme des pièces de monnaie : un côté ouvragé et brillant, acrobatique, léger, et un autre côté sombre, comme si le temps l’avait usé et maculé de traces de doigts ; comme est sombre le e manquant de la Disparition, et grave) (et c’est le côté grave qui me parle réellement)
- y.o.d.l.t. est donc presque fini sans être fini : j’arrive au moment où, astiquant un endroit ou un autre le nez sur le compteur de caractères, je tente de faire quelques pas en arrière pour regarder de loin, essayer de cerner la forme générale obtenue (et il faudrait que ça tienne debout tout seul quand on le pose, ça c’est le plus ardu)
- mais je ne désespère pas (les mouettes non plus)





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(site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)

Messages

  • une attente, grande
    mon pauvre petit crâne se prépare à jouir du déchiffrement de la consigne et du plaisir de la savoir, deviner, négliger un peu aussi, parce que m’importe ce qui est ainsi mis en forme
    alors, please, pour le soulager… désir grand que cette succession de lettres qui défie ma mémoire se transforme en une belle formule presque en un mot

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