"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

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la chasse au tilde #1

vendredi 11 mai 2018, par Christine Jeanney




La porte s’ouvre. Ou plutôt elle s’entrouvre sur une bande verticale d’inquiétude, le front, un œil marron, le nez un peu rond, un peu bas, la bouche on ne sait pas, la bouche est sans doute close ou mince ou peut-être même inexistante, c’est une histoire de bouches qui ne sont pas où elles doivent être, qui ne servent pas à ce qu’elles savent faire, comme, par exemple, parler. La porte s’ouvre, et c’est au centre de l’histoire. Ensuite, comme dans toute bonne construction, il y a le déroulement. Il vient avant, après la porte. Le déroulement enserre cette porte comme deux bras, on ne sait pas si c’est pour la calmer, la consoler, ou l’immobiliser parce qu’elle serait brûlante, qu’une étincelle en elle pourrait tout faire sauter. On ne sait pas s’il faut la réchauffer, la circonscrire, si c’est une porte néfaste ou bien fragile. Autrement dit, tout se mélange. La porte, l’histoire, le déroulement, les bras, tout contribue au même désordre (non, pas désordre, tu veux dire agencement, et pourtant si, désordre).


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(site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)

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