"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

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la chasse au tilde #3

lundi 14 mai 2018, par Christine Jeanney




Avant le béton, les pierres. C’est une sorte de point de départ que tu décides de placer là, comme on plante une épingle sur un plan. Ce pourrait être ailleurs. C’est là. (Ce pourrait être ailleurs, vraiment, les commencements, il n’y a que soi pour décider, les débuts n’apparaissent que quand on les désigne, ils pourraient même s’intervertir, ton début pourrait être la fin de quelqu’un d’autre. Et l’inverse. Ce sont des circonstances induites, inéluctables et ingérables, des conjonctures géographiquement instables, comme les lignes de flottaison près du canal avec leurs nuances de gris. Ou l’ombre d’un arbre sous le vent qui dessine la dentelle de l’herbe, c’est toujours lui, c’est toujours elle, c’est toujours l’arbre, c’est toujours l’herbe, mais tout est différent à chaque nouvelle seconde. Ton début pourrait être cet arbre. Ton début pourrait être pavé, silencieux le matin avant la balayeuse, son ronron crescendo, decrescendo et les moteurs. Il y aurait une lumière rasante de début et le ciel entre deux toitures. Il y aurait une cour, des cailloux blancs, et les mouettes crieraient quand le début débuterait. C’est un exemple. C’est personnel. Un départ comme une convention non collective, un peu secrète, même pour soi. )


la chasse au tilde #1
la chasse au tilde #2

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(site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)

Messages

  • Même si le votre ne sera (sûrement) pas le mien, très touchée. Quel départ. Convention non collective, mais tout de même un peu, du commun dans le particulier. N’est-ce pas ce que l’écriture permet ?

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