"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

LECTURES

"Combien d’années de travail" Emmanuel Hocquart

vendredi 22 juin 2018, par Christine Jeanney



Le cours de Pise, Emmanuel Hocquart, POL


« Combien d’années de travail faut-il "pour arriver à une certaine finesse dans un travail artistique ?" [...]
Connaître quelque chose en menuiserie peut prendre peu de temps ou beaucoup de temps, mais ce temps ne se mesure pas en années, en mois ou en décennies. C’est un faux problème dans la mesure où on confond le temps dur et le temps souple.
Mais je pressens une autre confusion, plus insidieuse, dans le mot art. L’art ne s’enseigne pas. On peut le commenter, si on aime ça, en faire l’histoire ou une histoire, le montrer, réfléchir à un certain nombre de propositions, etc.
J’aimerais penser que l’art n’est pas une affaire d’objets mais de regards. Je ne vous montre pas un objet mais un regard. Mes objets sont simplement là pour vous permettre de comprendre un regard. Le regard auquel j’ai travaillé. Un style de vie disait Michel Foucault, ou "faire de sa vie une oeuvre d’art". C’est aussi l’histoire de la fenêtre de Chandler, que je raconte dans un livre :"Je vis aujourd’hui en Italie, au sommet d’une tour, dans un appartement peint en blanc, très ensoleillé. J’ai Rome à mes pieds et le ciel devant moi, suivant les conseils de Chandler, je passe le plus clair de mon temps à regarder par la fenêtre, dans l’espoir de parvenir à voir autrement que comme j’ai appris à voir. [1] »

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(site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)


[1"pourquoi je lis Le Cours de Pise et ce qui se passe pendant
il se passe beaucoup de choses
mitigées
parce que c’est très parlant, très intéressant pour le dire basiquement
une sorte d’éventail et d’état des lieux, parfois en dehors des clous, souvent judicieux
aussi une sorte de photographie format panoramique, parce que ça court sur plusieurs années cette histoire
on est souvent d’accord, souvent frappé, souvent emballé
mais c’est comme un vêtement qu’on apprécie avec certaines coutures qui grattent
certaines gênes
très minces, mais pas inexistantes
(qui font réfléchir aussi
et c’est le point positif, de faire naître cette réflexion)
comme cette habitude un peu lourde qu’a E. H. de s’autociter régulièrement
ou cette autre habitude, lorsqu’il ne s’autocite pas, de mentionner en quasi majorité des hommes
avec une simili mauvaise foi ou sans l’assumer (Virginia Woolf est indexée, page 548, mais c’est du vernis à ongle, car page 548 on peut lire "Virginia Woolf, sa disparition", rien de plus)
rien que dans la citation recopiée plus haut à propos de l’art – que j’ai trouvée pertinente pourtant, malgré tout – et je ne l’ai vraiment compris qu’au moment où je recopiais chaque mot – l’idée, ce regard, le temps dur, le temps souple, c’est beau, c’est juste mais
la petite dose de violence symbolique qui accompagne
il écrit (qu’est-ce que ça démontre ?) "je suis en Italie"
et plus précisément à Rome,
pas à Saint Martin des Clopignons ou près d’Hazebrouck
("je pense au sens de ma vie, depuis les hauteurs de Sao Paulo", c’est quand même mieux que "je cogite en face du monoprix de Montilly-sur-semouse")
une sorte de double discours aussi, qui fait la promotion du doute avec certitude
(ce qui tendrait à faire aimer l’inverse)
mitigé donc,
mais nuancé, donc un enrichissement (en soi, pour soi et accompagné de ce qui est partagé)
(rien n’est jamais ni blanc ni noir)
(il faut prendre ce qu’il y a à prendre comme disait l’autre, quelqu’un d’illustrement méconnu, possiblement quelqu’une)

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