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"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

chantiers en cours

les lycopodes

On cherche à travers la cité [les lycopodes]

mercredi 5 janvier 2022, par C Jeanney




On cherche à travers la cité des traces de l’empereur. 
Une seule habitation possédait une baignoire.

C’est très bien.
C’est un peu triste.
C’est là que vous pouvez laisser aller votre nostalgie, si vous le pouvez.
Je n’arrêtais pas de me demander : « Comment je vais devenir artiste vivant ? »
Je n’arrêtais pas de penser : « Que fais-tu précisément ? »

Par principe, je ne fournis pas d’instructions.
Il y a tellement de conflits en ce moment.
Notre esprit est en état de siège.

Les rivières coulent.
Elles changent de trajectoire.
On coupe les essieux des bateaux.

Les médias sont le message.
Ils portent l’intention et le sens.
Une fois que vous le comprenez, c’est perturbant.

Le virtuel peut métamorphoser le lieu.
Mais si on éteint les machines, tout disparaît.

J’utilise tout ce que peux utiliser.
Dans le dépassement il y a l’émerveillement.

Je suis quelqu’un qui cherche à approfondir les erreurs.
Je dois trouver les dysfonctionnements qui me conviennent.
Ce travail, de trouver ce qui est travaillé et retravaillé par les lacunes, est empirique.

J’essaie toujours de me laisser surprendre.
À chaque fois je dois réinventer un procédé.
Je cherche des méthodologies délirantes.
Mon but n’est pas d’être efficace.

Le point de vue est décisif quand on regarde un objet.
Ce qui m’intéresse c’est l’objet ambivalent.
Ça peut être un rebut, ramassé sur le sol, emprunté à quelqu’un.
Au départ il y a souvent un lieu, une personne, un geste, une lecture.
Ensuite je pars à la recherche de l’objet.
Plus il est abîmé, plus il a de défauts, mieux c’est.

La question de l’échelle est importante.
Elle me permet de garder ma liberté.
C’est important d’être juste par rapport à son corps aussi.
Je fais les choses que je suis capable de réaliser.

C’est très étroit, ce qui se passe entre le moment où c’est fait, et le moment où j’ai la possibilité de le faire.

Un gant possède toujours un double et son envers.
Il est la surface plate de la main, la surface plate du corps.

Je recherche l’inconnu de choses qui s’accumulent, l’inconnu de l’entre-deux, l’inconnu des figures fragiles, sans pouvoirs.

On ne sait pas comment la lumière va entrer.
Les motifs peuvent glisser, se bousculer.
Je veux faire en sorte qu’il y ait de moins en moins de sections.
J’aime réunir. Bousculer les échelles, les natures.
J’ai commencé à m’intéresser aux stations d’écoute.

J’ai trente deux frères et sœurs.
Voilà le fruit de ma réflexion.

Je me souviens que la lettre g était plus intrigante que les autres. 
Sans doute parce qu’elle contient de nombreux appendices.
Un c à qui on aurait ajouté quelque chose.
Je ne sais pas pourquoi ça m’intriguait.
On créé un monde dans ce monde, voilà.

(Lycopode 1) [1]



Une fois que vous le comprenez, c’est perturbant [2]

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(site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)


[1Dans les Notes de chevet de Shei Shônagon on peut lire

" Sujets de poésie  : [...] la bardane d’eau. Le poulain. La grêle. Le bambou nain. La violette à feuilles rondes. Le lycopode [...]". Le lycopode est une plante vivace toujours verte dont les racines se divisent en formant un Y, ce qui est un choix, comme celui que je fais de garder, ou déplacer, ou retailler, recoudre, reprendre la phrase entendue ici ou là pour en faire un poème lycopode.

[2image fabriquée en utilisant la technique des Versées

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