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"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

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les lycopodes

Les graines germent [les lycopodes]

samedi 8 janvier 2022, par C Jeanney




Les graines germent.
On est toujours porté par une culture.
Au sein de cette culture il arrive qu’on se sente en exil.

On peut utiliser une technique traditionnelle pour raconter ses histoires propres, sans égard pour l’extérieur.
L’autre est aussi en soi.
En créant pour cet autre en soi, on échappe au marché.
Singulièrement, ça donne une sorte d’œuvre collective. 

Il n’y a pas de schémas préalables.
On s’arrête faute de matériel.

Une partie de moi aimerait faire des choses minimalistes, bien organisées, nettes et assez compréhensibles, mais j’adore le chaos.
C’est pourquoi je le fais.
Vos mains apprennent à faire des choses que vous mettriez une journée entière à essayer d’écrire ou d’articuler.
L’intuition est une façon de penser, ce n’est pas de la stupidité.

Mon travail c’est cartographier mon espace.
Je m’intéresse aux systèmes. 
Comment cela s’organise géométriquement.
Comment un processus de réflexion peut se dérouler de façon imprévisible.

Ce n’est pas la grammaire qui compte, mais le mouvement avec lequel vous écrivez vos lettres.

Regarder en arrière n’est pas qu’une nostalgie, on doit aussi faire preuve d’imagination.

Je suis toujours à la recherche de quelque chose qui maintiendra l’image en place.
Les experts parlent d’un million d’heures passées à sculpter le Sphinx.
Dans les nids de guêpes du Brésil, les chambres sont reliées par des rampes d’accès hélicoïdales.
Il faut bien se rendre compte que ces structures sont construites par des insectes de moins d’un millimètre de long, complètement aveugles.

Je pense que j’ai toujours été sensible, toujours fatiguée.
J’entendais des sons.
Les antennes sont très puissantes.
Il n’y a plus d’endroit sur la terre qui soit préservé.
Plus de zone blanche.
On m’a dit tu devrais débrancher pour voir.

On accède à une sorte de continuité sans souffrance physique.
On s’éloigne des brouillards électromagnétiques.
Puis arrive le moment de redescendre de la montagne.

Ici s’arrête le bout du chemin.
On va se perdre dans les châtaigniers.
Il y a un sacré dénivelé.
La fougère, il faut la faucher sept fois par an.
Sous la fougère, il y a le millepertuis, le serpolet.
Me voilà installée à un endroit propice.


(Lycopode 2) [1]



Comment un processus de réflexion peut se dérouler de façon imprévisible [2]

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(site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)


[1Dans les Notes de chevet de Shei Shônagon on peut lire

" Sujets de poésie  : [...] la bardane d’eau. Le poulain. La grêle. Le bambou nain. La violette à feuilles rondes. Le lycopode [...]". Le lycopode est une plante vivace toujours verte dont les racines se divisent en formant un Y, ce qui est un choix, comme celui que je fais de garder, ou déplacer, ou retailler, recoudre, reprendre la phrase entendue ici ou là pour en faire un poème lycopode.

[2image fabriquée en utilisant la technique des Versées

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