"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

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touch of evil

samedi 3 novembre 2012, par Christine Jeanney

Une machine contre son ventre, le dos de l’homme fait écran dans l’écran. Ses doigts tournent la minuterie. Il est trop tard, trop tard déjà, et c’est pourtant le commencement. Lui s’arrête, suspendu dans le poids des choses. Bouge quand eux avancent sous l’arche arrondie, ils sont deux. Il file à gauche, file à droite, ne peut éviter mon regard, moi qui suis moi et lui et eux en même temps. Son ombre décalée sur le mur, retard léger sur la course en avance, il ouvre le coffre, le ferme et part quand mon œil monte, je monte, je suis puissance suprême, omnipotente. Je sais tout, jusqu’à leur ignorance, je sais la fin sans les détails. Je vais les regarder bouger maintenant, les détails vont danser, s’attendre, se croiser, se joindre, se dépasser, se traverser de roues de mouvements de bras qui portent qui indiquent, de panneaux de pylônes de phares de passants de charrettes sonnantes musique désinvolte sifflet barrières croisements légers du jeu du chat et de la souris, et si la souris s’en sortait, ce bruit qu’elle a dans la tête, tic tac, ce bruit pour la prévenir, mais rien ne peut, il est trop tard, ça l’était déjà bien avant, avant que le début commence la fin était prise dedans. Un baiser pour que tout explose : la ville, l’amour, la mort et le destin. J’ai tout manigancé ou rien, j’ai tout prévu ou pas grand-chose, je suis un passant ou un sage, un furieux ou un horloger, ou un humain, qu’on m’appelle Dieu ou Orson Welles ou peu importe.


Touch of Evil - Première scène/Opening Shot par Dwiggy

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