"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

TEXTES

TENTATIVES PONCTUELLES //

[cellulose]

décalage

jeudi 26 juillet 2012, par Christine Jeanney

Décalage : visible surtout le soir, quand le grillon appelle, et je comprends l’été mais ce n’est pas ce qu’il demande - quand chaotique imprévisible le vol d’un papillon de nuit trompé par la lumière l’ignore – quand la parole inverse hoquète, claudique, douleurs d’envois, douleurs reçues, méprises - quand le sommeil est long retirement du monde, lassitude sans fatigue, un non que l’on n’articule pas - bouche paralyse – j’ouvre les volets le matin je respire, voudrais dissoudre le décalage - et lui prétend partir mais feinte - se love sous mon épaule droite, le creux près de l’aisselle et m’y chuchote qu’il est indéfectible - presser avec le bout du doigt cet endroit-là pour en limiter les contours - souhaiter qu’il reste, coincé muet ici, et qu’il se taise en continu silence jusqu’au soir - marcher dessus - marcher avec - marcher crisser par lui et à travers, mon constant décalage endossé comme un muscle - ce que dit le grillon en cri aide-mémoire

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