"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

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à la place, j’ai

samedi 10 novembre 2012, par Christine Jeanney

je suis sortie pour voir la nuit
(et bien sûr elle s’est laissée faire)

la pluie la nuit, c’est encore plus la nuit, une nuit plus profonde
et j’ai pensé à l’expression "une nuit éternelle".
Du beau cliché ça, "nuit éternelle",

le genre qui se prononce très ThéÂtrâll, la voix qui fléchit dans les basses, qui traîne doucement, un léger tremblement et le silence saisissant derrière, peut-être un bras tendu (le droit) avec la main doigts dépliés que Michel Ange aurait soignée,
"nuit éternelle".

un peu comme le "Grand sommeil".
(le même acteur)

mais il pleuvait toujours, je suis rentrée sans plus l’envie de me moquer de ces clichés, car comment dire la nuit qui jamais ne se lève, ou le sommeil jusqu’à la fin du temps des temps, ’grand sommeil’ et ’nuit éternelle’ ? oui finalement,
pas de parade.

mais quel dommage ces poncifs, et cette banalité, pire que la pluie mouillée

Et puis j’ai repensé d’un coup à la Faudraie

« glisse la faudraie

affûte couteau

creuse entailles »

et
« venez troupeau de résistance »
.

ça qu’il me fallait, et à la place, j’ai

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