"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

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projet "internité" work in progress

samedi 8 décembre 2012, par Christine Jeanney

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   @louise_imagine a eu l’immense gentillesse il y a quelques semaines de me proposer d’écrire des textes sur des photos de Thomas Giortz.
Ces photos sont au nombre de 41 et j’ai bien envie des les "prendre" toutes. C’est un univers qui me parle sans que je puisse exprimer pourquoi, des paysages nordiques, désertiques, parfois désolés, mais qui ne provoquent pas de réelle tristesse je trouve, plutôt des sensations fugaces/essentielles. En l’état, j’intitule ce projet internité, car quelque chose d’interne et d’éternité s’y mêle (work in progress). Ci-dessous un extrait de ce qui est en route :

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©Thomas Giortz

8 sur 41 _ une sorte d’élévation verticale fragile et l’oblique songeuse qu’elle propose, ce serait une pensée douce qui penche la tête un peu, elle considère le paysage, puis on suppose qu’elle rassemble ses bras autour d’elle, frissonne peut-être, se rassérène [simpliste d’y voir une personne mais c’est pourtant le cas, si quelqu’un l’a construite à son image, sous couvert de logique et d’assemblage technique, elle l’a dessinée sur papier quadrillé, et c’est son sentiment posé qui médite, autonome, relié au sol par l’incertain, personne n’est dupe]

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©Thomas Giortz

9 sur 41 _ la brume rien et la boue [un jour, il y a longtemps, la nuit tombait, une bande étroite de soleil collée à l’horizon, lumière serrée, la route droite, monter au centre d’une colline, rouler, quand des chevaux ont traversé le ciel sur fond orange, un galop noir, dos fumants et leurs croupes comme arrachées au monde des légendes, leurs yeux on ne les voyait pas alors existaient-ils, sauvages, invraisemblables, d’autres voitures ralentissaient, des hommes coursaient les chevaux échappés sur la colline, c’était des métaphores vivantes, muettes, hennissaient dans ma tête, vibrantes, la tentation du rêve, quelque chose d’inaccessible à prendre puis cela s’est dissous, panneaux, ville, rues, gens sans étonnements, n’est rien resté, seulement la brume rien et la boue]

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