"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

TRADUCTIONS

Les Vagues, de Virginia Woolf (journal de traduction en cours)

journal de bord des Vagues -6 [Travaux en cours]

lundi 11 février 2013, par Christine Jeanney

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(journal de bord de la traduction de The Waves de V Woolf)

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Les choses avancent, ce serait l’endroit parfait pour placer le panneau Travaux en cours (mais c’est toujours l’endroit parfait, here, there and everywhere disaient les scarabées).
Les Vagues vont devoir attendre un peu aujourd’hui, contraintes de laisser de la place au reste.
Hier soir, suis arrivée à une sorte de compromis pour le début (compromis, essai, tentative) que je place ici, peut-être pour l’examiner plus facilement, work in progress.
C’est aussi utile à ça un site : poser, s’asseoir sur le côté, s’éloigner, et peut-être voir plus clairement (ou le vouloir assez pour s’en convaincre).

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"Le soleil n’était pas encore levé. La mer se confondait avec le ciel, sauf là où elle se froissait légèrement, comme un pan de tissu plissé. Peu à peu, avec l’arrivée de la lumière, une ligne sombre sépara la mer du ciel à l’horizon, et le tissu gris se raya de bandes larges et mouvantes, l’une derrière l’autre, toutes se suivaient sous la surface, chacune poursuivant l’autre, à l’infini.

En atteignant la plage, la vague se soulevait, puis se ramassait sur elle-même et, brisée, balayait le sable d’un mince voile d’eau blanche. Suspendue, elle repartait dans un souffle, de ce va-et-vient inconscient qui rythme la respiration d’un dormeur. Peu à peu, la ligne sombre à l’horizon s’éclairait, comme si des sédiments coulaient au fond d’une vieille bouteille de vin et rendaient au verre sa transparence. Derrière, le ciel s’éclaircissait, là aussi nettoyé de sédiments, ou c’était une femme, couchée derrière l’horizon, levant au bout de son bras une lampe, et lançant à travers le ciel les lames blanches, vertes et jaunes d’un éventail. La femme levait son bras encore, et l’air devenu fibreux arrachait à la surface verte et scintillante d’autres fibres, des rouges, des jaunes, telles ces flammèches qui s’échappent d’un feu de joie. Lentement, toutes les fibres de feu fusionnèrent en une seule brume incandescente, capable de soulever la laine grise et lourde du ciel et de la transformer en millions d’atomes bleu pâle. La surface de la mer changeait, doucement translucide, et les longues ondulations brillantes qui soulignaient chaque rayure sombre s’effacèrent presque. Lentement, le bras qui tenait la lampe se hissa plus haut, et plus haut encore, jusqu’à ce qu’une large flamme devienne enfin visible ; un arc de feu brûla la frange de l’horizon et, tout autour, la mer couverte d’or s’embrasa."

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