"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

TEXTES

TENTATIVES PONCTUELLES //

[saugrenettes]

saugrenette du dédoublement (7)

mercredi 13 mars 2013, par Christine Jeanney

ainsi, je suis éveillée brutalement, l’aube n’est même pas encore levée, l’oiseau chante, mélodieux, oh ma rage, fluitt fluitt la plaie, et la conscience ensuite que j’ai deux corps : le premier reste au chaud, replace l’oreiller sous sa nuque, frotte ses pieds l’un contre l’autre doucement pour tenter de se rendormir ; le second corps s’arrache du premier, ombre en lévitation, il plane, griffu et irascible, nosferatu, va dans l’entrée, ouvre la porte et sort jeter quelques cailloux, silence ; combien de mes corps sont partis, ainsi la nuit, réparer mon calme apparent, ordonner au monde de se taire, et tant qu’on y est, faire des doigts d’honneur aux chauffards, tirer les pieds des importuns, pincer les joues des boursouflés, arracher les poils des mesquins, des étriqués, mes corps-colère me réintègrent le matin, sont épuisés, et ils voudraient seulement dormir
(manque la photo)

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