"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

FRICHE

TENTATIVES DE LIEUX //

lieu // la chapelle de Ronchamp (journal du Théodolite)

#Théodolite, suite et retournements

dimanche 18 août 2013, par Christine Jeanney

(projet initial Théodolite et ses fragments)

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du projet de départ restent des choses, mais peu finalement
(comme un chemin que j’aurais pris volontairement mais qui serait devenu une route parallèle entre temps, et sa logique, pourtant logique, m’échappe)
(ce qui est peut-être logique)

remaniements, retournements, déplacements, un grand brassage dans un cadre très strict, du chaos dans des étagères
(et après on s’étonne que ma tête fasse de gros bouillons)

ci-dessous le début

1571, Thomas Digges invente le théodolite

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C’était un peu inconfortable de ne pas voir sa silhouette tout de suite à cause des bruits de la rue. Un chien grinçant qui aboyait par salves, les moteurs, des frottements, le passage de remorques qui revenaient régulièrement, de temps en temps des pas et des interjections.
À chaque fois, le cerveau note le détail de ces bruits parasites et ça ne lui sert à rien. C’est beaucoup d’énergie dépensée. Un enfant joue dans le couloir et quelqu’un ferme une porte, des assiettes se heurtent, l’eau coule, on parle, on fait glisser une chaise. Des bruits utiles pour savoir qui est là, qui fait quoi. On est un peu honteux de forcer le cerveau à dériver vers un point éloigné alors que la vie immédiate est proche. Un autre enfant crie dans la rue, comme une épine acide qu’il lance avec sa bouche, puis il s’arrête. Le temps de faire l’état les lieux, de distinguer chaque bruit pour s’en défaire, et il arrive.


Au fond du crâne, il apparaît au fond du crâne. Une forme grise, un peu brumeuse, une sorte de taffetas, de laine cardée, de feutre. Pas un gris de tristesse ou qui serait morose, plutôt un gris du tout est là, tout est possible, une toile, une base, un espace accessible. Il apparaît naturellement.
Il agissait naturellement parce qu’il ne se savait pas regardé. Il devait être déjà là avant que je m’en aperçoive. C’est difficile de pointer nettement l’origine, le début. Il n’avait pas compris que j’avais décidé de me débarrasser du reste, du sonore, pour le voir lui. Les moteurs dans la rue sont devenus plus souples, lointains, une houle, un ronronnement.

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(work in progress)

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(site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)

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