"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

LECTURES

Asile - texte Maryse Hache / photos Tina Kazakhishvili -

lundi 2 septembre 2013, par Christine Jeanney

Asile est disponible depuis le 2 septembre 2013 chez Publie.net.
une chance de voir le travail de Tina Kazakhishvili,
une chance de lire Maryse Hache
(ce qui m’était déjà indispensable avant qu’elle nous quitte, et m’est encore plus précieux maintenant, et nécessaire)
le lien vers son site, toujours accessible : le Semenoir

« obstinément vivre mouvements dans une présence grâce et misère embrassée désossée elle sourit il s’attache on les lie rassemblés c’est l’heure de quoi là sur la tête c’est trop froid dans le grand couloir ils promènent si je lève assez haut le col de mon pull ils verront bien que je les appelle par la fenêtre je vois les yeux des oiseaux dans le dortoir de l’asile pour nous ils ont couché des lits j’aime bien la fumée ça rêve mais y’a les grands fourneaux de la mort à s’en moquer bouche ouverte accroché au lit tu vois mon dos tu vois mon bras qu’est-ce que tu cherches obstinément vivre attendre enfoncer son regard dans les yeux troués du temps dans sa transparence coupante lancer un œil vers toi et garder l’autre dans mon intérieur avec les grilles aux fenêtres pourrai pas sauter c’est sauter que je veux des fois il pose sa main sur le mur et le mur lui parle si je lui fais signe et sourire elle va m’emmener peut-être avec elle dans l’extérieur de l’intérieur d’ici dans l’asile on marche dans des couloirs on s’habille le tee-shirt pourquoi tu lui mets des rayures il est nu elle attend je suis jeune obstinément jouir s’asseoir dans la présence du présent là derrière la porte des cabinets être faire comme si la poubelle ne nous attendait pas avec sa gueule en plastique à croisillons des fois ça chante dans la tête c’est bien si je lui montre la photo pour qu’elle la photographie à déchiqueter les heures des fois ça épuise les os si elle me fait couverte ce drap ça contient mon corps qu’il aille pas s’éparpiller ça étouffe la peur il y a d’autres invités là dans la fenêtre rectangle toi t’as peur des fois ils vivent elles rient ils marchent elle attend il se cache elle se frotte je les apprivoise je les photographie il pose la main sur son visage là juste après la vitre l’ouvert dehors du monde accordé au soleil tellement qu’il se pose dedans au sol il brille [...] »

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