"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

FRICHE

TENTATIVES PONCTUELLES //

[la vie avec Planck]

le sentiment le plus proche des os...

mardi 10 septembre 2013, par Christine Jeanney


le sentiment le plus proche des os
(Varlam Chalamov, chez Didier Da Silva)

penser à même les os,
penser les os et la réverbération reçue à travers eux
ce qui ondule peut atteindre la moelle

dans les trajets des nerfs, filaments élastiques jusqu’au cerveau
qu’est-ce qui est changé /reste inchangé
et pendant ce trajet quelles sensations éclaboussures-déleste
expulsées comme des billes en dehors et loin de notre corps
ondes externes, involontaires,
formant peut-être ces voix basses,
infrasons qui plissent l’air de sursauts inaudibles,
ou peut-être l’air s’étoffe
de couleurs non captées, ondes invisibles à la rétine
et l’air se charge de senteurs futiles fugaces indécelables, mais les os savent

Planck creuse davantage depuis qu’il sait qu’il ne sait rien

avec sa petite brosse
il époussette des fossiles que personne ne verra jamais
je le laisse travailler


.

(site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)

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