"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

TRADUCTIONS

Les Vagues, de Virginia Woolf (journal de traduction en cours)

journal de bord des Vagues -31 ["it abrades my side"]

vendredi 27 septembre 2013, par Christine Jeanney

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(journal de bord de la traduction de The Waves de V Woolf)

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Now we move out of this cool temple, into the yellow playing- fields,’ said Louis. ‘And, as it is a half-holiday (the Duke’s birthday) we will settle among the long grasses, while they play cricket. Could I be “they” I would choose it ; I would buckle on my pads and stride across the playing-field at the head of the batsmen. Look now, how everybody follows Percival. He is heavy. He walks clumsily down the field, through the long grass, to where the great elm trees stand. His magnificence is that of some mediaeval commander. A wake of light seems to lie on the grass behind him. Look at us trooping after him, his faithful servants, to be shot like sheep, for he will certainly attempt some forlorn enterprise and die in battle. My heart turns rough ; it abrades my side like a file with two edges : one, that I adore his magnificence ; the other I despise his slovenly accents — I who am so much his superior — and am jealous.

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« Maintenant nous quittons la fraicheur de ce temple pour le jaune des terrains de sport, dit Louis. Et comme ce sont presque des vacances (l’anniversaire du Duc), nous allons nous installer dans les hautes herbes pendant qu’ils vont jouer au cricket. Si j’étais "eux", voilà ce que je ferais ; j’attacherais mes jambières et je traverserais tout le terrain à la tête des batteurs. Regardez maintenant comme tout le monde suit Perceval. Il est lourd. Il descend le terrain maladroitement, à travers les herbes hautes jusqu’aux grands ormes. Avec la superbe d’une sorte de chef du Moyen âge. Il laisse dans l’herbe derrière lui une traînée de lumière. Regardez-nous, tous attroupés autour de lui, ses fidèles serviteurs, prêts à se faire égorger comme des moutons, car il va certainement se lancer dans une action désespérée et il mourra dans la bataille. Mon cœur devient rugueux, il m’use les côtes, comme une lime avec ses deux faces : un, parce que j’adore sa magnificence ; deux, car je méprise ses manières négligées – moi qui lui suis tellement supérieur –, je suis jaloux. »

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tricky, tricky, tricky
(je vais me tricoter un pull où je broderai tricky d’un côté et I love VW de l’autre)

ce paragraphe me semblait simple à la première lecture
sauf que non, et non à de multiples reprises (reprises, comme en couture)

le yellow à placer dans la phrase sans que ça évoque un sport jaune (?)

"magnificence" qui apparaît deux fois mais différemment, dans le rythme et la construction, donc deux mots différents pour le traduire

je retourne A wake of light seems to lie on the grass behind him en évitant le mot "sillage" qui serait juste ici, mais ne me va pas

et il y a le side
de it abrades my side,
que je ne veux pas traduire par "côté" puisque la formule "d’un côté et de l’autre" apparaît dans la phrase ensuite, ce qui donnerait deux "côtés" homonymes trop rapprochés
sauf qu’ensuite, ça ne me va pas ce "d’un côté et de l’autre", l’idée des faces est bien plus forte
(j’évite donc une répétition invisible et non répétée, c’est pratiquement une prouesse technique, mais effectuée très discrètement)

oui, à la première lecture, ce paragraphe me semblait simple
(j’étais jeune, j’étais arrogante)

tricky, tricky, tricky work in progress

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(site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)

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