"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

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[Oblique (textes /premier jet)]

l’eau coule

dimanche 27 octobre 2013, par Christine Jeanney

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l’eau coule, dans le frottement du pouce les dernières traces de terre s’en vont – deux lycéennes en plein soleil – un nuage posé sur la route comme un animal blanc – un filet pour capter – son dos bossu et son visage à ras des touches, son sourire clair lorsqu’il raconte de quelle façon il va dire une phrase de Mozart – ce bruit comme de l’eau qui coule, les feuilles des arbres qui se frottent – les traits serrés et les yeux implorants, l’apparence d’un grand désespoir dans la concentration ultime – deux petits pieds bougent dans le clair se plantent dans le sable, incrédules – la lune avait autour d’elle un halo, comme ces artistes sur scène suivis d’un projecteur – une photo quelque part, elle existe mais on ne l’a jamais vue, avec d’autres photos et ces papiers qu’elle garde, inquiète, parfois elle les compulse nerveusement, les étale, les reprend et les réexamine, on dirait qu’elle ne trouve jamais celui qu’elle veut – le manque – la pluie qui tombe à un endroit, pas à un autre, avancer en lisière de pluie – et des trous de mémoire aussi – chercher dans les vides à combler l’inconnu qui s’annonce, le parent qui revient, ce que les fibres proches épellent et le geste formé, il faudrait, ce serait / ce serait le moment de prendre une grande inspiration


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(site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)

Messages

  • chercher dans les vides à combler l’inconnu qui s’annonce, le parent qui revient
    et tout le reste qui résonnent en nous tous humains, très tôt et plus encore mais plus doucement l’âge venant, comme une compagnie virtuelle, trop, mais tendre

  • c’est bien de nous, l’eau, bien de nous puisque nous en sommes tant faits, et de nos larmes de notre salive et de nos humeurs, du ciel elle ruisselle et nos linges rince, transparente et pure et nous autres, planétaires et bleus, nous nous ingénions à la faire refroidir nos réacteurs jusqu’à ce que le terre elle-même, sans autre façon, de deux plaques l’une sur l’autre en empoigne quelques milliards de mètres cubes,et flanque le tout contre les côtes des îles, mais nous, non, nous, nous n’avions pas prévu, non, nous ne savons pas réparer, non... Pacifique cet océan...

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