"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

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AUTRES TENTATIVES //

[de bord]

journal de rien, à part l’oblique

lundi 2 décembre 2013, par Christine Jeanney


juste pour faire un arrêt et regarder deux secondes en arrière

- j’ai commencé à écrire le projet oblique je ne sais plus quand, mais vu la numérotation que je donne aux images-logos qui accompagnent les textes, 45 jours que j’écris oblique tous les jours

- je n’ai rien vu venir, rien prémédité, mais une forme, une intention, une direction apparaissent et je les suis

- pendant l’écriture d’oblique, alors que ça n’a jamais été le cas auparavant, je me sens incapable de lire d’autres textes ou très peu. Comme s’ils créaient des interférences. Quand je me lance dans la lecture d’un billet d’un site que j’apprécie, je me sens comme un chat avec une patte dans l’eau, comme si je risquais de me casser un bras, une fragilité. Ça ne m’est jamais arrivé, et je me souviens même de périodes où je me moquais peu charitablement de ceux qui ressentent l’obligation d’écrire dans un certain retrait, une certaine solitude (c’est le retour du bâton, je dois subir ce que je trouve ridicule - bien garder ça à l’esprit avant de trouver comique un chien sur un skate-board, ça pourrait bien m’arriver)

- c’est pourquoi je ne vais plus sur les rézossociaux, je ne pourrais qu’y relayer mon travail et seulement lui, sans égard pour les contacts-travaux d’autrui. Ça n’est pas ma façon de fonctionner, twitter est pour moi une porte de dialogue, je n’ai pas envie d’y aller pour être monomaniaquement tournée vers moi-mes billets-ma vie-mon-neûvre, ça n’a aucun sens, je préfère retourner sur twitter pour échanger vraiment, c’est-à-dire lire ce qu’y écrivent les autres et les autres sites, ce qui se fera sans doute une fois l’écriture d’oblique menée à terme (ou presque) (ou pratiquement)

- mais alors, what the hell, j’ai envie de dire, pourquoi écrire sur mon site et publier mes fragments d’oblique chaque jour ? pourquoi ne pas louer un bateau, un paquebot, un chameau, un monastère, une tour crénelée pour y écrire au calme et sans interactions ? c’est que, contrairement à mes autres séries quotidiennes où le laps de temps de 24 heures entre deux billets était une contrainte que je m’infligeais avec joie, et la certitude que cela me fournissait de l’énergie, créait un mouvement-élan positif (dans le journal du rat par exemple, ou les todolistes, la vie avec Planck ou d’autres séries) cette fois-ci, écrire tous les jours oblique n’est pas une contrainte mais un besoin. Un moteur essentiel qui nourrit les textes. Le site est le lieu, sans site je n’écris pas oblique. Le parallèle avec la giornata (dans le sens partie d’une fresque à travailler avant que l’enduit ne sèche) s’adapte exactement. Ma journée s’articule autour de cette giornata, cette portion de mur/page/article que je dois travailler. Mon site imprime le tempo, en fusion, en cohérence avec les textes, c’est l’endroit, le lieu exact pour le vivrécrire

- et alors ensuite what next ? me demandé-je avec un à propos dont je me félicite. Je ne sais pas. Je sais juste qu’oblique en est à un peu plus de la moitié (aucune idée du pourquoi du comment de l’origine de ce sentiment, mais j’en suis persuadée). Que quand j’aurai fini d’écrire oblique je reprendrai tous les fragments pour les agencer différemment, soit en créant des passages d’un fragment à l’autre, soit en accentuant ce que la giornata imprime comme rythme, soit en malaxant le tout, une pâte modulable, je ne sais pas, peut-être que la suite me le dira, ce texte me remue en profondeur, joue avec des connexions qui m’étaient inconnues jusque-là, work in process et in progress

- alors, à défaut d’être capable de le faire ailleurs, je voudrais remercier ici tous ceux qui suivent mon travail, le commentent, le relaient, s’y intéressent. Merci à vous de m’accompagner comme vous le faites, si généreusement, dans l’oblique, et merci de me pardonner de ne pas tous venir vous voir, vous lire en ce moment

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