"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

TEXTES

TENTATIVES PONCTUELLES //

[Hachèmes]

Hachème du grand combat

lundi 1er septembre 2014, par Christine Jeanney

- au rythme d’un par jour -
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Je l’attrape et le tourniflite d’un geste sûr, hop ! sur les deux joues.
Je le ratimoise. Je le malmène-scropue. Je l’envarpe et le terrobe scrupuleusement. Puis, sentant bien qu’il commence à faiblir, je m’arrange pour qu’il tombe, oh ma vengeance.
Qu’il se râpe les endigots, la plante la tige et tout le reste.
Que ça lui remonte au bulbon, qu’il se dérouffle, se désenclave, se déroultabilise par terre. Et méchamment encore.


ㅡTu en veux plus ? (on ne peut plus m’arrêter)
La colère me submerge. La submersion m’encolérise. C’est un cercle vicieux qui serre les poings très dru.

Un troisième intervient.
ㅡ Vous n’aimez pas les gens ? il demande.
Quelle clairvoyance !
Je ne les aime pas, non.
Par contre, j’aime les gens - et ça n’est pas contradictoire.
J’aime les gens jovieux. J’aime les gens lavandins. Les orignés mélancoliques, et les harpistes...
ㅡ Moi c’est pareil ! lance le premier d’un ton geignard,
tout en tenant le moignon de sa tête
entre ses mains labiles.

Tiens donc. Que le monde est petit, mais petit !
Si petit. Un monde encore enfant. S’il savait à quel point il est jeune,
il partirait chanter Pantruque en sautillant, nous serions tous
bien plus tranquilles.
Au lieu de ça, des canons à ne plus savoir qu’en faire, des cartouchières et des brisures de pieds partout, une cacophonie triste, mais triste.
Et des chagrins si lourds qu’on ne peut pas les porter.
C’est pourquoi, quelquefois - il faut m’en excuser -,
je tourniflite à tour de bras. Par désespoir.

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(site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)

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