"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

FRICHE

TENTATIVES PONCTUELLES //

[Hachèmes]

Hachème perdu

mardi 2 septembre 2014, par Christine Jeanney

- au rythme d’un par jour -
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Une fois passées les vagues les plus mousseuses, celles qui battent les algues dans leur tambour, la mer soulève et repose sans violence. Je le sais, j’y étais. Mais j’ai dû faire demi-tour
C’est en remontant vers la plage, sur la fine couche d’eau qui n’est plus tout-à-fait les vagues et pas encore le sable - le continent en face de moi, et l’océan derrière mon dos - que c’est arrivé. Je marchais mais mes pieds glissaient. Ou plutôt mon avancée glissait, ou faisait du sur place. Ou c’est la terre qui tournait sous mes pieds, presque sans le vouloir.
Elle tournait, comme elle fait d’habitude, mais plus vite,
vite au point que sa rotation m’emmenait avec elle,
oh bien malgré elle je pense,
sans y prêter attention, comme un mastodonte qui s’étire, sans réfléchir,
sans volonté de nuire, c’est ainsi qu’elle tournait,
moi j’avançais à la même place
sans avancer,
la courbe de la terre me donnait le vertige, ma tête tournait en la suivant, et tout mon corps suivait ma tête, je glissais, même rentrée chez moi, même dans un fauteuil assise je glissais, j’avançais sans sortir de l’eau dans les couloirs, dans l’escalier sans jamais atteindre la plage, même dans la rue, même endormie, j’avançais sans marcher en avant, glissant,
glissant, et telle que je me vois, je crois que je
glisserai maintenant jusqu’à la fin.

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(site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)

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