"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

TEXTES

TENTATIVES PONCTUELLES //

[Hachèmes]

Hachème du molgname

lundi 8 septembre 2014, par Christine Jeanney

- au rythme d’un par jour -
- tous les hachèmes ici
-

C’est un animal sans tête.
Sorti de là, on lui prête bien des formes.
La nuit, il se déplace en toute indifférence - ça le repose.
Le jour, il est inquiet. Il veut passer inaperçu,
il cherche une grotte où se terrer, ou autre chose. Un paravent.

Par exemple, s’il est vache
(cela arrive, et plus souvent qu’on croit),
il peut trouver un abreuvoir et y caler ses deux épaules,
les secouer régulièrement pour feindre la rumination.
S’il est chien (rare, mais pas impossible),
il ne montre que son derrière dans l’ouverture des niches, et remue la queue constamment même quand personne ne le promène.
S’il est gazelle, c’est tout une aventure,
à louvoyer entre les herbes, à repérer le tronc tordu des baobabs.
Les lionnes ne s’en approchent pas - elles pensent qu’il lui manque de la viande -, et les vautours non plus,
qui adorent dévorer des yeux.
S’il est baleine, c’est confortable. D’ailleurs, bien des molgnames le sont.
Il flotte entre deux eaux, joyeux.
S’il est lombric, il est tranquille - quoique parfois embarrassé.

S’il est fourmi, tout le monde s’en moque, ce qui en dit long sur
tout le monde. La Terre est une tragédie grecque.
S’il est homme il rase les murs.
J’en ai rencontré un hier.
Nous avons un peu échangé,
dans la plus grande discrétion (c’était surtout moi qui parlait).
Soudain son ombre s’est modifiée, il a poussé comme un
soupir - enfin je crois, je ne suis pas sûre,
les choses s’osbcurcissent ces temps-ci - et s’est enfui.
Je suis partie nager plus loin.

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(site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)

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