"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

TEXTES

TENTATIVES PONCTUELLES //

[Hachèmes]

Hachème aux portes de la ville

mercredi 10 septembre 2014, par Christine Jeanney

- au rythme d’un par jour -
- tous les hachèmes ici
-

Des champs de tuyaux creux déserts
- tuyaux de fer jaune
la voie ferrée hachures
- gravats des armoires à glissières cadenas
- la complication des pylônes emmaillotés de ronces danger,
des grilles blanches. C’était côte à côte alignées des grilles blanches ou presque, arbustes tronc de travers ceinturés
- et les tuteurs bien plus gros qu’eux - feuilles et fruits-billes talées
vitrines-derrière-devant, sacs chaussures cuisines abris de jardin surgelés,
des moineaux à l’abri des tôles, roues, des dizaines, des centaines de roues amorphes - fuyantes - suintantes.
Les portes de la ville battantes
(mais fermées en dedans
recroquevillées
on dirait / comme ça / ressemble
à des araignées mortes),
plafonds de craie.
Aussi, quand on me parle des gens qui passent par là, je devine bien qu’ils portent, hachurés compliqués emmaillotés tiges creuses, anomalies talés, des ouvertures battantes, et quelquefois ça claque, ça se referme sur les doigts

quelquefois ça cloaque cordes vocales
amplitude. Certaines fois des trous
aux précipices on précipite
mais d’autres fois
l’écarlate
lumineuse
le beau du déchiré
orange frais
plastique construction inconnue
(même sous les ponts
même sur les affiches)
du dire
phase et phrases de l’attente
la grande, grand A
comme une faim
tellement grande, grande, une faim de voir, si grande qu’elle pardonne tout.
Tout, en entier tout,
et à tout le monde.

.

(site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)

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