"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

TEXTES

TENTATIVES PONCTUELLES //

[Hachèmes]

Hachème du labyrinthe

jeudi 11 septembre 2014, par Christine Jeanney

- au rythme d’un par jour -
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dans le labyrinthe en son centre, assise,
mais c’est contradictoire, le labyrinthe n’a pas de centre,
devant moi j’ai posé quelque chose,
ou c’était là et je n’ai rien posé qui n’y était déjà avant d’être nommé
je me vois du dessus - pas de plafond, ou c’est mon oeil
c’est une contradiction ce mur, il devrait avoir une texture, il n’en a pas, posé face à un autre mur, ce qui pourrait faire un couloir, ce n’est pas le cas, tous les couloirs s’immobilisent et c’est normal, ils n’ont pas d’intention,
si je tente d’élargir le labyrinthe s’étale,
contradiction, ce n’est pas moi qui le construis,
le labyrinthe entier et moi et ce qui est en face de moi sont une contradiction unique, ils ne font qu’un
dessous dans les sous-sols dessous et sous la croûte de la terre sans sens, des couloirs différents s’étagent, estompés et repus ou qui finissent en pointes pour renaître plus loin d’un bout d’aiguille, sont des couloirs d’idées et de désirs, d’explorations et de violences, les siècles tous enterrés avec leurs lignes de flottaison mêlées et les continents précédents ne ressemblent plus aux présents
ce que y firent les hommes m’est incompréhensible - langues, superstitions, outils, jusqu’aux parfums qu’ils respiraient
ce sous-sol n’est visible que d’un point, un trou au milieu du sol
sans doute c’est lui que je regarde, ou lui que j’ai posé et devant qui je suis assise encerclée de contraires, dans le couloir voisin quelqu’un d’autre est assis, et si j’en avais le pouvoir, si mon oeil savait décoder les signes qui font brouillard, je verrais dans chaque couloir quelqu’un d’assis comme moi qui regarde comme moi, tous les sous-sols se touchent se frôlent plaques tectoniques, c’est la vie qui veut ça, les contraires, si la vie ne coulait qu’en flux simple au liquide homogène et sans contradictions elle serait déjà loin et nos sous-sol n’auraient pas d’existence, poussières

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(site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)

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