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"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

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les lycopodes

L’espace public n’est pas un espace neutre

jeudi 3 février 2022, par C Jeanney




L’espace public
n’est pas un espace
neutre.

Les architectes sont les seuls artistes
à imposer une façon de vivre.
Il ne faut pas hésiter
à intervenir.
Moi je veux mettre mon grain de sel.
Il ne faut pas laisser le monde
aux mains des spécialistes.

Il s’agit de vie et de mort,
de souvenirs,
de corps.
Le corps dans tous ses états,
dans sa relation
avec les plantes et les animaux.

C’est sans frontière et cela existe,
quelle que soit notre couleur de peau,
quelles que soient nos préoccupations.

Si tout est lié,
si tout
ce qui est vivant
est lié,
alors je suis liée
à quelque chose
que je ne connais pas.

La première encyclopédie
Historica Animalium (1551–1558)
recense toutes les espèces animales connues.
Plus l’animal décrit est proche de l’Europe
plus il est réaliste.
Plus l’animal est éloigné de l’Europe
plus sa représentation devient approximative
voire complètement absurde.
Ce qui veut dire ?

Pour dire la vérité
on ne peut passer
que par la subjectivité.

Le travail d’observation est un travail historique,
un travail de mémoire.
Chaque ombre possède sa propre identité.

C’est important de voyager
et de mémoriser des routes.

On collectionne les fossiles d’oursins chez les Néandertaliens. Les oursins fossiles ne ressemblent à rien d’identifiable. Ce sont de très beaux objets. Pline l’Ancien les appelait "œufs de serpent" et on leur accordait des vertus extraordinaires, des pouvoirs magiques.
Le cerveau des orques
possède une zone
que l’humain n’a pas.
Une zone très riche,
très complexe,
complètement dédiée aux émotions.

Que dites-vous ?

Votre spécialité c’est d’ouvrir des gouffres
à chaque phrase que vous prononcez.

Je dois réfléchir avec le cerveau des autres.

On a perdu le rire triomphant des perdants.
Il faut ouvrir sa gueule.

Mon nom, je l’ai inventé.

Nous devons entraîner nos instincts.

Tout le monde rêve d’une utopie,
mais on la place toujours
très loin de soi,
loin de chez soi.
Le paradis n’habite jamais chez nous.

Il fait si chaud ici
que seules les mouches
peuvent survivre.

Si vous n’aimez pas assez un arbre
pour le serrer dans vos bras,
au moins approchez-vous.

Je préfère marcher sur les bords
qu’au milieu de la route.
Passe à ton voisin.

Tout mon travail
est dérivé
d’une source antérieure.

Mes citations ne sont pas toutes vraies.

Au final, je laisse tomber la question de la définition.
N’insistez pas, non.
Je le répète.
Je laisse tomber
la question
de la définition.


(Lycopode 6) [1]



complètement dédiée aux émotions [2]

.

(site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)


[1Dans les Notes de chevet de Shei Shônagon on peut lire

" Sujets de poésie  : [...] la bardane d’eau. Le poulain. La grêle. Le bambou nain. La violette à feuilles rondes. Le lycopode [...]". Le lycopode est une plante vivace toujours verte dont les racines se divisent en formant un Y, ce qui est un choix, comme celui que je fais de garder, ou déplacer, ou retailler, recoudre, reprendre la phrase entendue ici ou là pour en faire un poème lycopode.

[2image fabriquée en utilisant la technique des Versées

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