"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

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7h00

samedi 3 novembre 2012, par Christine Jeanney

C’était le matin, 7h00, on se préparait tous pour une journée d’école, de travail, un petit-déjeuner affairé dans l’obscurité du matin, l’hiver donc, un lundi sûrement, et puis le téléphone a sonné, ça m’a contrarié, on était occupés, pas prêts, on allait être en retard, et c’était toi. Tu n’as pas parlé, tu as seulement poussé des cris ridicules, des gloups, greugreu, glinglinglin, argh, et après tu as dit Je ne me souviens de rien, qu’est-ce que je vais faire, je ne me rappelle de rien, et mon bras s’est baissé, le téléphone au bout, je ne savais pas quoi faire, comment te joindre, qui prévenir, toi qui ne te rappelais plus de rien, toute seule sur ton radeau inconnu, dans ta maison étrangère, ton salon hostile, toi qui m’avais appelée malgré ton cerveau vide, tu étais perdue, et mes bras n’étaient pas assez longs pour t’étreindre, te bercer, te caresser la tête pour te dire que tout irait bien, tout irait bien, et que je m’occuperais de tout, je me suis réveillée d’un seul coup. Juste un rêve.

Sans doute que la nuit, mes peurs se lèvent. Elles enfilent mes vêtements et s’occupent de leurs petites vies quotidiennes. Quelquefois, elles font un peu de bruit, je les entends bouger quand je dors. Et le matin, je vois qu’elles ont déplacé des objets, un bol, un calepin, une chaise, sans les remettre en place comme il faudrait, elles ne sont pas soigneuses. Je t’ai appelée tout à l’heure, je crois qu’aujourd’hui tu vas bien.

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