"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

TEXTES

TENTATIVES DE LIEUX //

lieu // avec (vasecommuniquer)

Maryse Hache dans Entrelacis Lotus seven (#vaseco d’octobre 2011)

jeudi 6 octobre 2011, par Christine Jeanney

Ce jour, c’est la réception d’un texte de Maryse Hache qui me tombe du ciel. Elle s’est littéralement enroulée autour de mon projet d’écriture Lotus seven, en reprenant mes contraintes avec son approche.

C’est bien plus qu’un vase communicant pour moi. Je marche toute seule en haute-montagne et c’est dur, parce que ça grimpe. elle arrive, sac à dos et chaussures à crampons, et nous parlons pendant l’ascension, j’ai moins mal aux jambes. Voilà le genre de métaphore qui pourrait expliquer l’effet du texte de Maryse sur moi. Dans l’alternance de nos mots, les siens seront écrits en plus gros caractères(mais son style inimitable permettait de les reconnaître).

Sur son Semenoir, je tente une évocation d’Abyssal cabaret (à lire absolument) (pas mon évocation, mais son abyssal monologue théâtral).

entrelacis lotus seven , épisode 1, extrait d’un travail en construction autour du txt de christine jeanney : lotus seven

Que le début, personne encore, quand le point s’allonge et s’approche, ne sait nommer Lotus Seven, personne ne sait encore décrire, bien trop rapide et bien trop neuf. Le nouveau né germé à dévisager, soupeser et sentir avant la mesure de son visage et si un contact s’établit. Lotus Seven qui fuse alors que pas encore construite.

que le début personne ne sait rien surtout pas moi de ce lotus seven dans blog de christine jeanney. évoque boris vian, la fleur dans le poumon de chloë. seven sais pas. laisse flotter. ça boit mentholé up en péchés capitaux. évoque le cinéma : seven, morgan friedmann, brad pitt, et la litanie meurtrière : luxure colère envie gourmandise paresse orgueil jalousie

Se pencher sur elle plus tard, Lotus Seven, nom à réhydrater de mémoire alors qu’elle file. On ne monte pas brutalement dans ce rêve, à bord de cette réinvention de ferrailles, idéale, bouts éclats tiges joints si pertinents unis ensemble à oublier que c’est bricoles, menue monnaie de boulons et de billes roulée au sol, dépourvue de matière.

se pencher sur le nom plus tard. lire.lire. regarder. ouvrir des liens. quelque chose autour de ce qui est écrit chemine. peut-être des images naissantes réhydratent des impressions fleurs de papier trempées dans son écriture. on ne lit pas impunément, bouts bribes miettes, assemblages à mots phrases bricoles txt sans que ça remue dedans et que soudain oui

Garder ce nom, Lotus Seven et avaler la suite. Ce serait un cordage qui balance, à attraper, est-ce que tu suis ? Ce serait le moment de le faire. Il est à l’intérieur, chevauche le fer du rêve, lui, pas encore nommé. Le moment de se raccrocher à son bras comme on coule, lui pilier et centre et nerf et squelette.

garder ce nom, lotus seven mais ce n’est pas le titre. oui je l’ai regardé ce feuilleton à la télévision, objet de son écriture. oui j’ignorais que lotus seven était nom d’une voiture. peu connaisseuse. pourtant ces noms : panhard juva ds mini-cooper simca traction-avant dauphine, et la première entrée dans la famille : la 2cv, sa voiture

Il est la trame le paysage et la tension. De la tension, on en a à revendre, ça n’a jamais été problématique. La tension, on en met partout, ça se saupoudre sur le travail, la position sociale, les autres, la tête qu’on fait dans l’ascenseur à côté de quelqu’un,ge. silence, on se sent réguler son souffle, yeux fixes.

il est celui qui troque sa vespa, donné à un neveu, contre une 2 cv. mort et générosité d’une tante par alliance. don d’héritage. il est le conducteur des vies de la maisonnée. il avance clair sur sa route. silence et travail. il garde toujours un bonbon dans ses poches pour sourire de loupiot ou gourmandise de bête

Tensions sur les touches, les plaques métalliques griffonnées, ça commence dans la cour d’école, un repas, un jouet cassé, une femme qui pleure après un coup de téléphone, elle s’écroule en larmes et hoquets incontrôlables. Ça fait tenir le corps raide le matin, on ouvre la porte, ils entrent, prendre la parole devant ces yeux et ces bouches fermées.

tensions sur le paysage. coup de trop de vent dans les branches. coup de téléphone de trop. coup de trop vite. coup de trop loin. coup de trop tard. coup de trop raide. beaucoup de larmes. quelques jours plus tard. trop de tristesse. tellement de tension dans beaucoup de monde, de paroles, de silence, de fleurs. exit. in saecula saeculorum


La tension invisible tire. C’est lorsque tu attends qu’il rentre, s’il rentre, dans la pendule et le bruit de sa toux. L’idée idiote pendant que l’on te parle, tu as pourtant besoin de paix, et la nuit, la tension de ne pas savoir dormir, la peur de l’avoir désappris (on pourrait désapprendre à vivre aussi).

la tension invisible tire. c’est la nuit, derrière la grande armoire. petits tambourins de lumière sur papier peint à bergères n’y peuvent. il peur, il peur bergère, rentre tes blancs moutons. tu as besoin d’un autre silence, d’un autre ton de voix, mais ne viennent. tension tire. encore. (demain quelque chose de très grave sera arrivé)

Alors besoin de fragmenter en épisodes, c’est bien plus simple, besoin de laisser glisser le générique de fin, à suivre, la tension amollie enfin supportable, un pan de temps en souffle régénéré avec accalmie. La tête pense à des bêtises. Lui s’en fout, roule, imperturbable, on pourrait le rater si l’on continuait de parler d’autre chose.

alors oui le feuilleton : le prisonnier. envie de le revoir. achète le coffret. les images réhydratent les fleurs de mémoire et ramènent dans le présent les temps anciens. voilà que pendant ce lirécrire sonne une cloche d’angelus. il est 18 h dans une petite ville de banlieue, ancienne seine-et-oise. et c’est big ben déplié dans l’eau


Lui, c’est un homme. Beaucoup d’enjeux en lui, des liens pèsent sur ses épaules. On ne voit pas tout de suite qu’il en est traversé, de part en part, écartelé. Et même lui croit voler sur cette route cette plaine et sous ce ciel bleu pâle, gavé de rêve de Lotus Seven, presque joyeux, enragé d’énergie.

lui c’est un homme. on ne voit pas tout de suite que quelque chose pèse. on ne voit pas tout de suite que quelque chose l’a tant trop blessure. que du joyeux s’étiole, que fantaisie tailladée sur sa route d’énergie. même lui ne sait pas. à pas de gauloises et vin blanc, il gomme sa tristesse

Lui, il croit décider, lancé en flèche, naïvement fort. Lui, pas une entité, pourtant, pourtant le socle, le personnage et malgré lui un homme, un amas de chair de sueur inévitable et de la métaphore implicite qui serait infiltrée en lui. Facile de le remplir, il serait une enveloppe dure d’homme, creuse (se souvenir de ces hommes sans visage.

lui, il croit décider, fougue et tendresse, naïveté et calcul. lui, l’homme revenu de Żagań, chair et coeur, maintenant avec femme et enfants, avec parents, beaux- parents, frère, oncle, avec commerce à faire tourner pour nourrir tout ce monde, et trouver moyens de rouler dans les temps nouveaux, inventer de nouvelles voies. facile. travailler. travailler. (se souvenir de sa main


Le chapeau melon sur du vide de Magritte, la gêne étrange, saisissante, peut-être à cause du fabuleux contraste entre la surface pleine et le vide disponible. Tout ce qu’on pourrait mettre à l’intérieur, si seulement on osait. Trop perturbant, cette place vacante, ça pouvait déchaîner un torrent). Mais lui, l’homme de la Lotus Seven, facile de le remplir.

le chapeau melon de l’homme à la voiture noire qui suit l’homme blond du feuilleton). mouvement de balancelle du lirécrire. txt de christine jeanney, txt mien, film. voiture noire au bel aluminium de pare-choc, au bel aluminium de grille de radiateur. avec cette voiture ils rentrent chez eux. les attend un homme blond, une femme brune et leur deux pioutes

On aurait découpé sa tête, le crâne ouvert comme un hublot et, à mesure qu’on penserait à quelque chose on le jetterait à l’intérieur. Il aurait en lui ses liens propres, ajoutés, ce qu’on ne prévoit pas, seulement le nez dessus on le découvre, un homme, car il vient bien de quelque part sans dispersion, son itinéraire.

on aurait découpé le temps de l’écriture en 48 paragraphes de 60 mots chacun. comme celle qui écrit lotus seven, même contrainte. on jetterait mots dedans au fur et à mesure de lecture et petits frémissements ou secousses imprévues qu’elle fabrique, car il vient toujours quelque chose. ça vient dans la pensée sensible, ça vient dans les coussinets des doigts


Pendant ce temps, il semble qu’un autre homme joue aux échecs, un ex-amiral au second plan : il aura plus tard son mot à dire. C’est ce qu’on dit dans ces cas-là pour faire croire qu’on maîtrise quand on ne sait pas quoi faire d’un morceau de décor, qu’on n’a pas décidé encore.

pendant de temps, il semble que la voiture noire arriverait - oh qu’elles sont belles vos pioutes, on ferait une photo ? assieds-les sur le marche-pied. l’homme blond s’assied avec elles, pour soutenir un peu la cadette, tellement petite encore. fut dit. fut fait. clic clac. le récit ne sait pas encore de quelle voiture il s’agit. de quel homme, si


Je me souviens de G. qui cherchait le chiffre magique. Il recouvrait les marges des journaux, entêtes grisés, pieds de page d’additions en lignes. Je n’osais pas lui demander à quoi servaient ces chiffres, ces notes, peut-être ses comptes ? et puis quelqu’un m’a expliqué, le chiffre magique il m’a dit, c’est utile, pratiquement essentiel, attends voir.

je me souviens de P qui, disait-il, "contrôlait" ses pinceaux, en martre rousse kolinski venue de la vallée de l’amour, en sibérie. il les avait reçus du fournisseur, les avait distribués selon la taille dans un casier de bois à compartiments et une paire de ciseaux à la main, sous une loupe, il vérifiait scrupuleusement la longueur de chaque "fleur"

Tu prends le jour, l’année, tu multiplies par ta naissance, tu retranches 10, et qu’est-ce que ça fait ? Et si tu recommences à l’envers ou avec la naissance des autres, le mois ? Il recouvrait les marges des journaux, se mouchait, tournait les feuilles, les dépliait, râlait, riait et regardait par la fenêtre avant de faire une sieste.

tu prends le jour, 11, tu prends le mois : novembre, 11, tu prends ma date de naissance, ça finit par 11. toujours 11. c’est ça que G. disait. ça lui faisait une petite superstition chaude et rassurante. quand des chiffres passaient dans sa vie, elle faisait des calculs pour trouver ce 11 qu’elle s’était appropriée comme "son" chiffre

Mettre sa casquette avant de sortir, frotter ses pieds bien proprement, acheter du pain et le journal, le lire et puis le recouvrir de chiffres, on suppose le sens des choses et on le cherche, mais on ne se fâche pas quand on ne trouve rien. Quand 6 et 47 ne veulent rien dire, on n’abandonne pas pour autant.

mettre sa petite toque de fourrure l’hiver, avoir bien ciré ses chaussures, prendre sa vespa verte, partir au boulot. les pioutes sont à la fenêtre. avant de disparaître à leur vue, au bout de la petite rue, il leur fait un signe de la main. la vie n’est pas chiffrée comme il rêvait. cependant, il n’abandonne pas

G. n’abandonne pas, comme celui venu du fond de l’horizon, fond de l’écran, celui qui fuse dans sa Lotus Seven, imperturbable. Tous deux tracent une route docile, elle ne dévie pas d’un millimètre, et ils pourraient faire sans broncher un détour pour s’acheter le journal sans que ça modifie l’itinéraire qui les précède.

G. n’abandonne pas. P. non plus. qui est qui. sais plus. sur la route vide au grand angle, il surgit du fond de l’horizon. tout peut arriver du fond de l’horizon et en particulier "… avec furie / Le plus terrible des enfants // Que le Nord eût porté dans ses flancs." ne soupçonne rien. ne dévie pas. file droit

Et si, pendant qu’il conduisait, il ne savait qu’aligner des chiffres dans sa tête, penser des formules, il en est capable. Il peut me faire croire au chiffre magique, au moins qu’il le cherche, tartiner des pages de chiffres, je suis si petite que je croirais n’importe quoi. Maman dans la cuisine nettoie le four.

et si pendant qu’il conduisait, il pensait à ses rêves, il pensait à ses pioutes. j’étais l’une d’elles. c’était mon chevalier. pour un peu il m’emporterait sur un cheval blanc et, dans les bois, il m’apprendrait le nord sur le côté moussu des arbres. maman fait bouillir de l’eau dans la cuisine

Notre cuisine est un couloir, une fenêtre d’un côté, de l’autre la porte qu’on a dégondée, remisée au sous-sol où le linge sèche, enveloppée dans une couverture, couchée sur ciment. En haut elle prenait trop de place, sa poignée inutile dépasse, une bande élastique lui serre le ventre, part en morceaux. La télé fonctionne, c’est samedi.

notre cuisine un rectangle noir et vert à fourneau, évier, petite plaque de gaz surmontant un petit four, cuisinière à bois en fonte vert bronze et garde-manger sous la fenêtre. elle donne sur les toits de zinc d’une petite cour parisienne. il y a aussi une sorte de petite armoire peinte en blanc où sont rangées des ustensiles


Il y a cet autre jour où je lance un modèle réduit de voiture contre un chambranle avec application pour qu’elle se brise, mais elle résiste. Et d’autres fois, je me lance de tout mon long, atterrissage sur les genoux, glissade, le frottement sur la moquette, la peau rouge qui se pèle, moi aussi je teste ma dureté.

il y a cet autre jour où la femme balance à la tête de l’homme blond un faisceau de porte-manteaux et d’injures. frottements dans la cuisine de l’intime. ils n’atteignent pas de chair, ne crèvent pas d’yeux. aucune blessure. ils s’écrasent au sol. dans le couloir l’homme blond se tait. s’éloigne

Il n’y a rien à attendre, tout est attente. Il y a le volet baissé pour garder l’ombre sur l’écran, il y a le rideau épais, du tissu grenat blanchi par la lumière, il y a la musique de Ron Grainer, australien, il y a en-dessous l’Australie, Terra Australis Incognita, la terre qui fait contrepoids.

il n’y a rien à attendre, il a compris. tout est différent de ses rêves. il y a trop d’invectives, trop de reproches, trop d’herbe coupée sous ses pieds agiles, trop de sommeil forcé à coups de cure, trop de tristesse, trop de larmes. n’est pas celle qu’il croyait. lui fait pas vie douce et parfumée


De l’autre côté de la mappemonde, de l’autre côté du sous-sol, de la porte sous couverture étranglée par un élastique, il y a le ressort caché qui empêche la bascule des habitants la tête en bas, leurs bras pendants vers le ciel, un didgeridoo son air d’eucalyptus fait voler la terre rouge, les pointillés blancs sur une carapace.

de l’autre côté de la mappemonde, au grenier, de l’autre côté de la terre, au jardin, et si on bêchait profond profond, on arriverait à l’autre pôle avec les hommes à l’envers, et l’eau des riviéres et des mers qui tomberait dans l’air du ciel. peut-être que les hommes aussi se détacheraient flottant

Le claquement des tambours, le ronronnement des gorges, le bruit de moteur là où se pose la mélodie rapide, et l’air chaud. On pourrait repenser à l’éclair, vouloir l’entendre encore, mais trop tard. Déploiement terminé, demi-tour impossible, le moment de culbute derrière soi dont on n’a pas vu l’importance – décacheter une enveloppe, pousser une porte.

le claquement de la porte, le bruit de la machine, le grand drap jaune. quelqu’un dit - mettez un masque. on pense à bouche, enfermée derrière. on veut la poser encore sur sa joue, sur sa main. on repense à phrase d’hier - oui, pour te faire plaisir. aujourd’hui, pas de paroles, mais ses yeux. le bleu. fermer la porte o

Se réveiller trop tard, un coup de téléphone banal où en réponse à une question polie crève l’emballage, la terrible nouvelle, l’écroulement, plus rien comme avant, l’impossible. L’hébétude, longer la faille, insouciant quand elle surgit, instants condensés, pointes d’épingle, vies piquetées de minuscules trous irréparables, et l’obligation faite, suivez les pointillés en y allant.

se réveiller 5 h du matin. la frissonnante nouvelle. trop tard pour l’homme blond. trop tard pour nous. pas revoir, dit valérie rouzeau. il faudra longer la faille tant bien que ses joues creusées par la disparition dee l’âme. pour l’heure il va, yeux bleus en éclaireurs. regard à marée haute, à faire fuir toute inquiétude

Il avance. Lui, son visage lisse. Pas lisse, symétrique. Encore que non, la lumière répandue sur son profil gauche, l’autre pan du visage ombré lorsqu’il avance, coupé verticalement le long d’une ligne au centre, de la pointe du crâne, son sommet, à la glotte on dirait. Front large et haut, nez droit, les joues creusées à peine.

il avance. son visage calme, grand front songeur. il repousse toute alarme, tout danger. elles, les deux mignonnettes, tranquilles sur le marche-pied de la voiture noire, pioutes qu’il sauve pour un peu de bonheur, il les emporterait sur un grand cheval blanc caracoler dans les campagnes et leur dirait le nord sur le tronc moussu des arbres

Surtout ses yeux remarquables, retombants légèrement de chaque côté, devraient inciter à la tristesse la nostalgie, yeux de cocker tristes dit l’expression, mais non, pas de mollesse ici, que de la pointe. De l’acuité résonne dans ces yeux, au nerf tendu de ces yeux, point de fusion (s’arrêter un instant, une minute, sur le pouvoir des yeux.

surtout ses yeux remarquables un peu obliques, et bleu tellement bleu. myosotis. mésange. ciel et mer. aujourd’hui songe à ses rêves, et on y voit les bâtonnets de la déception briller. d’autres jours il leur vient de l’émotion et des larmes. d’autres jours encore, une grande clarté paisible, une lumière de sourire-bonheur. la vie dit oui

Signes physiques, ceux des éléphanteaux paraît-il, leur forme et leur disposition dans une tête toute ronde enclencheraient aussitôt la réponse compassion dans notre cervelle, stimulus, nous serions programmés par nos neurones, sauvegarde de l’espèce qui englobe les têtes rondes aux yeux écartés d’où notre apitoiement, peut-être seulement chimique et ce dégoût face à la face du calmar.

signes physiques, ceux des hommes du nord paraît-il, leur stature, la couleur blonde de leurs cheveux, la couleur bleue de leurs yeux. lancement dans champ de plein été à vue d’avoine ou de blé, lancement dans l’azur des mers et des ciels à préfailles, à quiberon, à st-brévin-les-pins, au portel, à boulogne-sur-mer

Yeux de seiche ou yeux de cigogne, et si nous n’étions que formes géométriques cherchant vainement à s’assembler quand nous croyons raisonnables nos penchants, et humains. Oui nous serions humains comme le grand requin blanc qui, lui fait demi-tour, fuit devant les alarmes, noirs et blancs arrondis, peau d’une femelle orque en chasse ou peinture sur leurre.

yeux de seiche ou de raie manta, yeux de crabe ou de crevette, yeux de bigorneau ou d’araignée, celle de mer ou d’épeire fasciée des jardins. notre humanitude en lien avec l’animalitude des fonds marins et de la grande terre. sommes comme baleine grise, loup des bois, sanglier des bauges, rossignol de la nuit, rouge-gorge, escargot, abeille

Il ne fait pas la différence, et fuirait sans doute aussi vite devant un simple Taijitu, un Yin et Yang reconverti en répulsif, bon à savoir pour les plongeurs et les petits poissons qui devraient s’en parer. Finalement, trois minutes dépensées à y songer, ainsi qu’aux autres yeux, yeux blancs fermés secs lourds écarquillés, puis revenir à lui). Il avance.

Il ne fait pas la différence. tous les yeux sont théâtre dans son univers. sang chaud ou sang froid. chat, chien, enfant, clochard, homme et femme. de russie ou de dordogne, des indes ou du maroc, de belleville ou de rue de la pompe. balancelle encore. txt de christine /film / txt mien / revenir. il découvre parc et village désert


Virgules, des virgules partout. Dans la chevelure, grande virgule au front, le borde. Dans l’axe des paupières deux virgules alignées dos à dos. Au coin des lèvres, virgule de flegme, autodérision provocatrice. Virgule sous la lèvre inférieure au relief du menton. Lui, dessiné à coups de virgules, puisqu’elles y sont, mais contradictoire quand ça ne lui ressemble pas.

virgules, des virgules partout. boucles blondes et la mèche sur le front, sourcils, les deux lignes où ça fronce entre les yeux, petits traits aux commissures - presque un sourire – courbes des narines, on verrait bouche entre parenthèses-pommettes, et parenthèse encore ourlet lèvre supérieure. lui accentué à coups de vie, pourvu qu’une mésange le protège, ou une araignée, ou ses filles

grand bonheur ce vase avec txt et femme christine jeanney et grande gratitude près du cœur

rencontre surprenante et attachante qu’offrent les promenades dans le web

elles peuvent conduire quelquefois, et je l’ai voulu, à aller voir plus loin dans le paysage, même jusqu’à lure

pour ce vase communicant d’octobre, ai laissé glisser mon écriture dans celle son lotus seven, l’ai laissé s’enrouler à ses paragragraphes comme chèvrefeuille lierre ou glycine

pouvu que ça ne l’étouffe pas

les mots blancs sur noirs sont ceux pris chez elle

dès que j’ai lu ce txt quelque chose a bougé dans le fond de la parl - je reprends une terme de fred griot

ai très vite souhaité cet écrirlire ou lirécrire, que j’aime menuisée, et me voilà lancée

à suivre donc, chez elle, pour la suite de lotus seven, et au semenoir, pour la suite de l’entrelacis

je la follow, 7 épisodes de 48 paragraphes et de 60 mots

Maryse Hache

qui prend ma place comme je prends la sienne ce jour

Les autres participants à ce vase communicant du mois sont visibles et visitables depuis ICI, grâce à Brigitte Célérier.”

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.