"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

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[Oblique (textes /premier jet)]

/oblique

jeudi 17 octobre 2013, par Christine Jeanney

oblique /
quelqu’un parle à côté de moi, quelqu’un s’est assis sur ma chaise et parle à côté de moi et écrit à côté de moi / il y a ce petit arrachement, comme un pansement que l’on enlève, un picotement de peau à la surface et de l’étonnement, de voir ce quelqu’un assis à côté de moi et qui parle, avec le calque, le papier calque des mots par-dessus l’émotion, et ce matin aussi dehors il y avait ce brouillard, le même brouillard peut-être la route se construisait à mesure qu’on avançait et derrière elle se délitait un peu comme sa voix, celle de celui qui parle, quelqu’un, quelqu’un à côté de moi parle et quelqu’un écrit à travers le brouillard qui rend les mots opaques, les mots qu’il vient de prononcer et qui sont justes, mais qui se sont légèrement décalés comme un flou de surface, légèrement décalés de ce qu’ils nomment, de ce qu’ils veulent nommer ou épingler et c’est glissant / comme un pansement qu’on arrache ce petite picotement /le brouillard est parti il fait beau et j’écoute, j’écoute ce quelqu’un qui parle assis là juste à côté de moi, un autre qui /
oblique /

[suivant /oblique n’est pas de la fiction]


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(site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)

Messages

  • belle description - eu envie de reprendre "le papier calque des mots par-dessus l’émotion" pour rendre l’impression que m’a fait un des quatre violonistes que je viens d’écouter (et le plaisir de ce que j’en percevais, alors... vive ce quelqu’un qui parle et écrit à côté de toi, en oblique)

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