"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

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La voix à la petite couverture blanche

mardi 19 novembre 2013, par Christine Jeanney

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La voix à la petite couverture blanche répète sans arrêt, n’a pas fini de dire. Tu n’es pas morte je lui réponds en souriant. Mais ils le pensaient tous, elle dit, tu me l’as répété cent fois, le pensaient tous, le pensaient tous, ils avaient acheté la petite couverture blanche déjà pour me faire un linceul, tu me l’as répété cent fois que ça n’est pas fini, cent fois et je n’ai rien compris. Une autre voix s’installe là à côté de moi, la propriétaire de l’hôtel, celle qui n’avait pas d’enfants, a vu la petite couverture et les adieux et les adieux, a dit c’est bien trop triste, donnez-la moi, c’est bien trop triste une toute petite si malade donnez-la moi je vais la réchauffer la baigner la frotter la masser l’entourer la nourrir la recouvrir de chaud, donnez-la moi, parce que des enfants j’en ai pas et vous combien ? cinq six sept, vous combien ? moi je n’en ai aucun, avec mon mari on est seuls, donnez-la moi et la petite couverture blanche vous pouvez la garder, la ranger sur une étagère. La voix ajoute, et si elle survit je la prends, ce sera mon enfant, vous vous en avez trop et celle-là si petite si malade, vous lui avez déjà dit au revoir.
Celle qui était restée là-bas, venue ici, avec le cordonnier, elle a dit oui parce qu’elle ne savait pas quoi faire


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