"la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette" [Maryse Hache / porte mangée 32]

FRICHE

TENTATIVES PONCTUELLES //

[Hachèmes]

Hachème de l’autre creux

vendredi 19 septembre 2014, par Christine Jeanney

- au rythme d’un par jour -
- tous les hachèmes ici
-

le
grand
creux du
dedans je le
leste, je suis bien
obligée, il remonterait
jusqu’à la nuque sinon
le grand creux mien j’y mets
- et après tout, je suis chez moi -
un fatras de plumes, les restes de
combats sous des platanes / il pleut de
hors, la pluie dedans, simultanées / le mi
ré do du ventre de l’église normande / les
orteils étalés il dit Quand je serai élevé de terre
j’attirerai tout à moi
- ça en fera du monde et des
bouchons / une merlette qui n’hésite pas, une pêche
de vigne tombée de l’arbre, marbrée de brun / mise à jour
à l’instant / le silence impossible à entendre / du baquet d’eau,
et je bois dans ton verre / de l’indiscernement / des niaiseries, des
paillettes, des pommes de pin identiques (c’est étonnant quand mê-
me, cette construction d’éclats) j’y mets les massifs jaunes qui bordent
la décharge / l’usine désaffectée depuis que tu es mort / la surdité qui la
protège, une remorque bien empaquetée / encore dix minutes messieurs
les projecteurs / "Morts pour la France" (où sont donc les monuments
Morts pour la Papouasie, la Crimée orientale, morts pour le temple
de Kalasasaya) / Pax Labor, et le Christ qui se passe deux doigts
sur le front comme un rappeur / j’y mets le bâtiment de mine
dans toute sa hauteur (on le voit depuis le parking) sur fond
de ciel ses bras ballants rouillés d’abattement / je mets des
Tu l’as vu ? de la petite voix incrédule - s’y cale aussi
contradictions, ce qui ne devrait pas rentrer, l’a-
cide, les coulures malhabiles, désorganisées,
les agressions molles, périphériques, mots
pompes et cisaille dérisoires avec
humiliations, mais comment
faire, le filtre du bazar tout
engorgé tu sais - bref,
je leste, et je leste, ça
remonterait jusqu’à
la gorge sinon, la
voix vidée, je
leste, je
tourne
aussi - et l’autre creux lesté sous les paupières m’avale la nuit

.

(site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)

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