block note - de l’escabeau
jeudi 30 avril 2026, par
Avec mon idée d’hier c’est comme si j’avais vu la fenêtre, et que je devais maintenant trouver le moyen de m’approcher pour mieux voir ce qu’elle montre. Je me méfie des images mentales, parfois elles emprisonnent. Si je vois (si j’imagine) que ce que je vais écrire ressemble à une fenêtre, alors il y a un cadre et je me prive du flux, du magma organique aux bords lâches. Mais il faut bien choisir la tournure des choses. J’ai continué à prendre des notes. Je dois réorganiser mon bureau. Il me faut un mur vide où placer tous mes outils. C’est l’escabeau pour atteindre la fenêtre. Il pourrait ne pas être assez haut, ou être posé trop loin. En ce moment, tout est possible, dans une certaine mesure, et c’est cette mesure que je dois empocher. Je vais sûrement tâtonner, être approximative, jamais raccord avec le terme juste, mais je dois peut-être l’accepter, en tenir compte sans que ça me freine, regarder au-dessus, en résumé accepter le brouillon. Pas le brouillon préparatoire, celui qu’on affine, qu’on utilise comme socle pour tracer de plus en plus précisément, non, du brouillon en tant que brouillon, du brouillon pour ce qu’il est, flou, râpé, chiffon, un déchiré de papier avec des franges. Avec en lui l’utile qui ne sera pas gardé, ce qui me servira justement parce que je ne le choisirai pas. Rothko va rester, et j’ai besoin de Beckett, de Sarraute, comme points de repère. Il y a deux sortes d’outils, les points de repère et le nutritif. J’ai besoin d’avoir en main un livre de Timothy Morton, comme nutrition, parce que j’ai écouté Frank Senaud en parler le jour où R est apparu, car il ouvre sur des portes — des portes, des fenêtres, pour l’instant je m’accroche à des angles droits, persuadée que je ne sais pas encore nager.
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Messages
1. block note - de l’escabeau, 30 avril, 18:05, par brigitte celerier
bien à l’abri je te lance :"vas y, lace, nage"
bon vise bien le but de la nage
1. block note - de l’escabeau, 1er mai, 09:25, par c jeanney
(c’est parti, de toute façon l’eau est partout, alors)))
2. block note - de l’escabeau, 1er mai, 07:52, par PdB
(en comptabilité (avant l’informatique qui a tout mangé) ils appelaient ça (et elles sans doute, il doit bien y avoir des comptables femmes) un brouillard : le truc avant qu’il soit écrit à l’encre - crayon à papier - on gomme on change de ligne (ça a un autre sens aussi) on réaffecte - ça n’a rien à voir mais c’est comme un travail,une espèce de façon d’user les choses de les polir patiner - non ça n’a rien à voir (j’ai toujours détesté la compta c’était une vraie torture) mais quand même - avancer oui
1. block note - de l’escabeau, 1er mai, 09:27, par c jeanney
c’est comme quand l’appareil n’a pas encore fait le point, j’aime beaucoup ces secondes d’attente floue) (on y va, on continue, yes)))
3. block note - de l’escabeau, 3 mai, 09:27, par Laure Humbel
Déjà curieuse de ton projet à la lecture de la note de la veille, et voici que le nom de Rothko apparaît, flottant sur la toile... quel plongeon vertigineux ça promet avec tes mots !
1. block note - de l’escabeau, 4 mai, 08:31, par c jeanney
Merci Laure ! (on y va on y va)))