block note - dentelle
mardi 10 mars 2026, par
Je suis toujours dans la traduction de l’essai de VW, mais j’en suis arrivée à ce qui fait réellement sens pour moi, ce moment où je tente de traduire ma traduction, c’est-à-dire d’expliquer mes choix comme je le faisais avec les Vagues. C’est vraiment un outil formateur. Quand je tente d’expliquer les raisons qui font que tel mot est préférable à tel mot (à mes yeux), je trouve/ découvre des tensions assez logiques, en tout cas qui ne tombent pas du ciel, et si je les creuse un peu, je modifie encore le texte traduit que je pensais voir fini. J’aime beaucoup ces allers-retours entre ma traduction et ce que j’en explique. Je m’explique, je tente de m’expliquer (pas de me justifier, il faut que je fasse attention à cet écueil), et plus je creuse ce qui se passe dans mon crâne en essayant de le mettre en mots, plus je découvre que je dois accentuer tel ou tel point, qui était là, mais sur lequel j’étais passée sans l’examiner, et plus j’ai l’impression de voir mieux. Comme quand on me raconte le détail d’un tableau que je n’avais pas remarqué, qu’on le cerne pour moi, par exemple La Dentellière et ses fils à broder. L’un est assez net, l’autre fouillis. C’est Georges Didi-Huberman qui en parle. Il parle de catastrophe. J’aime aussi l’entendre parler d’apocalypse. Ce sont des grands mots (catastrophe, apocalypse) qui viennent se coller à de tout petits détails, de petits coups de pinceau. Je ne les vois pas, pour l’instant, dans mes dix paragraphes à traduire, mais je ne regarde peut-être pas assez finement.
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Messages
1. block note - dentelle, 10 mars, 18:39, par brigitte celerier
il faut que ton regard se familiarise pour que viennent sur un fond presque stable ces distorsions
(enfin c’est ce que la oie imagine en tentant de cerner)