block note - on : pronom impersonnel, non je ne crois pas
lundi 29 juin 2026, par
La grande vague d’eau du défilé vuitton, la piscine gonflable achetée grâce aux cotisations, placée au pied des tours et démantelée par les forces de l’ordre. Voilà tout. L’eau en non-partage. Pas la même eau. Ce n’est pas plus compliqué que ça. C’est un symbole, une métaphore, mais surtout, c’est factuel. L’illusion est un peu le point nodal. Par exemple l’illusion de compter correctement le nombre de drames. Les chiffres ne sont pas assez précis pour donner une estimation réelle des morts humaines et des morts animales et des morts végétales. Il y a trois mots qui sont soulevés un peu plus haut que les autres : illusion, carnage, impuissance. Je suis très en colère contre le "on" (on n’a pas su prédire, on n’a pas pris la mesure, on doit changer de paradigmes, on doit agir"). "On", c’est qui ? C’est l’illusion d’un "on". Ce n’est pas "on" qui a crevé une pauvre piscine, ni "on" qui possède un hangar où s’entassent vingt-mille poules ou cochons désormais asphyxiés, ni "on" qui signe l’autorisation de vente de crème cancérigène ou la déportation de migrants au Rwanda. Nous ne sommes pas tous et toutes "on". Il y a plusieurs "on" et certains "on" rétrécissent tout pour jouer au golf, pendant que d’autres "on" s’émeuvent, s’affolent et sont à la peine, porté·es par le désir de sauver de la destruction certaines données financièrement non viables, par exemple la vie. Il y a des jours où il faut être sacrément musclé·es pour avoir foi en quoi que ce soit. Le golf aussi (en plus de la cascade d’eau privatisée — somme de "prouesses techniques et artistiques déployées pour un éphémère instant de luxe" sous cent-quatre degrés fahrenheit) est une bonne métaphore, car très factuelle. Manipuler le paysage pour le convertir en moquette. Y placer quelques tas de sable et quelques trous. Attraper le manche d’un bâton et taper dans une balle de polymères synthétiques. Trouver cette suite d’actions (paysage-moquette, trou-trou) à la fois pertinente et glorieuse. Qui est ce "on" qui joue et ce "on" admiratif du premier. Je ne suis pas ce "on". Les gens que je connais ou fréquente ne sont pas des "on" qui autorisent quiconque à salir tout ce qu’il touche ni à tuer tuer et encore tuer. J’aimerais bien que ce pronom "on" vaporeux devienne un "on" incarné, car c’est une illusion de croire que nous sommes collectivement coupables du carnage. Illusion, carnage, impuissance, le troisième mot est le pire.
pour contrebalancer ma noirceur/colère,
je tente une passiflore,
et je relance d’une fleur d’abutilon
.
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Messages
1. block note - on : pronom impersonnel, non je ne crois pas, 29 juin, 18:13, par brigitte celerier
il y a aussi ces on que les on de la cascade d’eau ou du golf accusent, les on qui protestent, les on qui brandissent des poings, les on qui dansent devant les casqués défenseurs des on de la cascade et du golf, ces on qui me requinquent et que je suis comme peux (bon il y a des on qui font pire, je les aime moins mais ben davantage que ceux à cascade dont ils sont les alliés finalement)
c’est joli la passiflore, comme son nom - merci