TENTATIVES

« la vie ça éparpille des fois / ça chélidoine et copeaux / ça bleuit ça noisette » [Maryse Hache / porte mangée 32]

BLOCK NOTE

block note - volume trois

samedi 17 janvier 2026, par c jeanney

J’ai maintenant fini le volume 3 du JDBDV. Je vais peut-être utiliser un autre type de couverture pour le volume 2, et un autre encore pour le volume 1, ou des variations de la même couverture avec des nuances de couleurs. Un autre diamètre et une autre disposition pour les trous de perçage aussi, pour tenter une couture de reliure japonaise différente. Le temps d’attente pour le séchage est assez long, tout comme il a fallu du temps pour le pliage des pages et l’assemblage, mais c’est raisonnable finalement (tellement de temps à l’écrire, ce journal, qu’il ne peut pas être empaqueté boum en trois secondes). Et la tenue en main est correcte, assez pour déplier les rabats sans trop de problème, l’idée étant que lorsque le rabat est replié, le texte anglais et le texte français se retrouvent en vis-à-vis, et qu’en ouvrant le rabat on puisse lire le journal de traduction. Je ne suis pas tout à fait fière de moi, mais presque. J’ai commencé par réaliser le volume 3 pour prendre l’affaire à l’envers, et avec l’espoir d’une possible amélioration de ma technique pour les volumes 2 et 1 (le moment du perçage est inquiétant, un faux mouvement et c’est l’estafilade, il est toujours possible que le volume 2 soit surnommé le balafré).

Pendant ce temps-là, il y a des deuils partout, et de la cruauté. On fait payer les familles qui récupèrent les corps selon le nombre de balles reçues par ces corps. Des trésors d’imagination pour humilier, terrifier, rendre fou de douleur, donc, et aussi certaines techniques que je découvre, comme la killing box par exemple, pratiquée par ice, cette milice de proud boys, qui consiste à hurler, et parfois en simultané, des ordres contradictoires (sortez de la voiture, ne bougez pas, levez les mains, mains dans le dos, debout, pas un geste, tournez-vous, ne tournez pas le dos, etc.) pour obliger "la cible" à forcément faire une erreur et commettre un "acte de désobéissance" aussi appelé prétexte. J’ai un peu peur de mes pensées. Parfois, je ne crois pas à une réparation, ou à d’autres possibles, plus sereins, plus respectueux. C’est une question de sphinx, comment répondre à la violence sadique sans devenir soi-même violence. Est-ce qu’il y a une violence mortifère (détruire l’autre, le réduire à néant) et une violence "propre", protectrice, le punch a nazi d’Aamer Rahman. Quel degré de violence est acceptable, où tailler l’encoche sur la toise, et est-ce qu’il y a une toise, je veux dire "normale", avec un début et une fin, ou est-ce qu’elle n’a pas de fin, est-ce qu’elle se perd dans les nuages comme le haricot magique de Jack, et est-ce que ça peut se tailler cette histoire-là, est-ce qu’on peut couper un branchage de violence comme on coupe un thuya.
(par chance, par hasard, coup de dé géographique
je n’ai pas à sortir dans la rue, bardée de peurs, pour affronter mon sort
le luxe de couper, coller, relier et coudre)

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(site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)

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