block note - suites
mardi 17 février 2026, par
Ensuite, par la suite, il y a quand même des interférences entre ce que je prévois de faire et ce que je fais, mais je me demande si je ne suis pas sur le manège en train d’essayer de monter sur le cheval de bois devant moi, celui qui aura toujours de l’avance, car nous avançons avec la même illusion de ne pas faire du surplace. Ce matin : voix de Mickael Lonsdale + relire MW avant sa sortie + programmer pour demain la minute papillon 73 + NT, ce qui forme une boucle car la voix de Mickael Lonsdale est en ce moment liée à NT. Mais je me demande quand même comment hiérarchiser. Et aussi, si je hiérarchise correctement. Peut-être que mon chantier principal devrait être les "à côtés", c’est l’histoire de la flèche dans la cible, et est-ce qu’une cible existe si elle n’est pas entourée d’autre chose, et si je devais viser cette autre chose, je déplacerais la cible, bref, il y a toujours une cible, que je sache ou non où elle se trouve. Ça nauséabondise à l’extérieur, extérieur qui n’est pas extérieur, qu’est-ce qui est extérieur. L’illusion d’avancer ou de se protéger du dehors est très musclée, gros biscottos. Et tout ce que je rate, ce matin la rosée sur une carrosserie de voiture noire le long du trottoir, comme des billes de diamants, posées en cette constellation fabuleuse du hasard, impossible à reproduire, car un hasard décidé est moins hasardeux que le vrai hasard, et c’était beau, et pourtant cette voiture était détestable, design de char d’assaut, masculinité toxique à rétroviseur rétractables. C’est pour ça que j’aime écouter Georges Didi-Huberman, dont je ne comprends que partiellement les développements (mon autodidactisme pas assez caréné), mais voilà : c’est comme s’il envisageait ce tout (extérieur, intérieur, fatras des cibles, des chevaux de bois et la rosée) et qu’il tirait sur un fil dans cette pelote de mauvaise couturière, toute emmêlée, mais rien qu’un fil, seulement un, et patiemment, il défait quelques nœuds en me laissant regarder par-dessus son épaule et attendre la suite.
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Messages
1. block note - suites, 17 février, 19:03, par brigitte celerier
je lis : "j’aime écouter Georges Didi-Huberman, dont je ne comprends que partiellement les développements (mon autodidactisme pas assez caréné), mais voilà : c’est comme s’il envisageait ce tout (extérieur, intérieur, fatras des cibles, des chevaux de bois et la rosée) et qu’il tirait sur un fil dans cette pelote de mauvaise couturière, toute emmêlée, mais rien qu’un fil, seulement un, et patiemment, il défait quelques nœuds en me laissant regarder par-dessus son épaule et attendre la suite." et je me dis tu es sure que ce n’est pas toi qui à écrit cela ? et je répnds que non, ça n’aurait pas été dit aussi bien mas que je le pense, exactement (et que c’est peut être en partie pour cela que j’aime l’écouter quitte à revenir en arrière re-écoter